Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

Quand les chercheurs regardent les mouches se poser au plafond

Le spectacle soulève rarement des applaudissements, mais les mouches qui se posent au plafond exécutent une manœuvre acrobatique de haute voltige. Une équipe de chercheurs américains et indiens vient de montrer que cet « atterrissage » au plafond est plus complexe qu’on ne le pensait. Les chercheurs ont utilisé des techniques de vidéographie à haute vitesse pour filmer des mouches bleues en train de se poser sur le plafond de « chambres de vol ». Les mouches commencent habituellement par ancrer leurs pattes avant au plafond, puis effectuent des rotations avec leur corps pour parvenir à se poser. Les chercheurs affirment que les connaissances acquises, décrites dans la revue Science Advances, aideront les ingénieurs à concevoir des minirobots capables d’accomplir des prouesses semblables. Mais comme on peut le voir dans la vidéo, les mouches, comme les meilleurs acrobates, ratent parfois leur coup…

Des « patates pilées » pour les sportifs ?

INFOGRAPHIE MICHAEL B. VINCENT

La purée de pomme de terre aurait les mêmes effets sur les performances d’athlètes qu’un gel énergétique commercial.

Les mordus de sports d’endurance consomment souvent des gels énergétiques faits en grande partie de glucides pour se donner un regain d’énergie. Or, une étude menée par des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign suggère que la purée de pommes de terre a exactement le même effet. Leur échantillon est petit – 12 cyclistes qui font au moins 265 km de vélo par semaine –, mais leur méthodologie est minutieuse. Les athlètes ont tous mangé la même chose 24 heures avant de subir une épreuve sportive prolongée. On a ensuite mesuré leur taux de glucose, leur température corporelle et la concentration d’acide lactique dans leur sang. Conclusion : les athlètes qui ont mangé une purée de pommes de terre ont vu leur taux de glucose et leur performance augmenter de la même façon que ceux ayant consommé un gel énergétique commercial. L’étude a été publiée dans le Journal of Applied Physiology.

Q. Quel animal est déjà prêt pour l’Halloween ?

PHOTO COLIN TILBURY, TIRÉE DU JOURNAL OF NATURAL HISTORY

Crapaud géant du Congo à gauche et tête de vipère du Gabon, à droite

R. Le crapaud géant du Congo. Dans la revue Journal of Natural History, des chercheurs expliquent comment ce batracien se « déguise » en vipère du Gabon, un serpent venimeux, afin d’échapper à ses prédateurs. Les scientifiques observent que la forme, la couleur et les motifs sur la peau du crapaud ressemblent à ceux du dangereux serpent. Mais il y a plus : lorsqu’il se sent menacé, le crapaud émet parfois un sifflement semblable à celui du serpent, question de bien incarner son personnage.

Une galaxie « monstre »

IMAGE FOURNIE PAR SWINBURNE ASTRONOMY PRODUCTIONS

Illustration d’une galaxie située aux confins de l’Univers formée il y a 12,5 milliards d’années

Des astronomes américains et australiens viennent de découvrir une « galaxie monstre » située à l’autre bout de l’Univers. Les chercheurs scrutaient le ciel avec le télescope appelé Grand Réseau d’antennes millimétrique/submillimétrique de l’Atacama, à l’extrême limite de sa sensibilité, lorsqu’ils ont détecté un faible halo lumineux. Ils ont compris qu’il s’agissait d’une galaxie qui s’est formée il y a 12,5 milliards d’années et dont la lumière vient de nous parvenir. Les scientifiques estiment que la galaxie contient autant d’étoiles que notre Voie lactée, mais que de nouvelles étoiles s’y forment à un rythme 100 fois plus rapide qu’ici. Le mystère persiste quant à savoir comment des galaxies ont pu se former si rapidement alors que l’Univers était encore très jeune. Les scientifiques espèrent que la nouvelle découverte, publiée dans Astrophysical Journal, permettra d’en apprendre plus à ce sujet. L’image que l’on voit ici est une vision illustration.

2000 ans

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE TEL-AVIV

Tronçon de rue datant de deux millénaires à Jérusalem, probablement sous l’administration de Ponce Pilate

C’est l’âge d’un tronçon de rue de Jérusalem de 220 mètres de longueur qui a été complètement excavé par des archéologues après six ans d’efforts. Mise au jour en 1894, la rue relie le bassin de Siloé au mont du Temple. Dans un article publié dans Tel Aviv – Journal of the Institute of Archaeology de l’Université de Tel-Aviv, les chercheurs affirment que l’ouvrage a sans doute été commandé par Ponce Pilate lui-même.