La « comète de Noël », 2I/Borisov, a son premier portrait-robot vidéo. Le télescope spatial Hubble a croqué le 12 octobre dernier des images de la première comète formellement identifiée comme provenant de l’extérieur de notre système solaire.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Cette observation est la meilleure de la comète interstellaire », explique par voie de communiqué David Jewitt de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), qui dirige l’équipe de surveillance de 2I/Borisov avec Hubble. « Hubble a révélé une concentration centrale de poussière autour du noyau solide glacé. »

Les images confirment que 2I/Borisov, découverte en août par un astronome amateur ukrainien du même nom, est une comète, contrairement à un autre objet interstellaire détecté en 2017, Oumuamua. « Oumuamua était un roc dénudé alors que Borisov est très active, écrit M. Jewitt. Pourquoi sont-ils si différents ? C’est un mystère. » Aucun autre objet n’a jamais été formellement identifié comme provenant d’un autre système solaire.

La première exocomète se trouve à 420 millions de kilomètres de la Terre et s’en approchera jusqu’au 7 décembre. À ce moment elle sera à 300 millions de kilomètres de la Terre, soit deux fois la distance de la Terre et du Soleil. Oumuamua était passé beaucoup plus proche, à 38 millions de kilomètres de la Terre en 2017. 2I/Borisov deviendra de plus en plus brillante jusqu’en janvier, ce qui a poussé certains astronomes à la surnommer « comète de Noël ». Hubble continuera à la suivre jusqu’en janvier.

 La vitesse de 2I/Borisov, dont la trajectoire la mènera à un autre système solaire d’ici « quelques millions d’années », est de 150  000 km/h. Ce n’est pas un record de vitesse. En 2013, la comète Ison, qui avait frôlé le Soleil à 1,2 million de kilomètres, avait atteint 1,7 million de km/h. Elle s’était alors probablement désintégrée.