Des astronomes européens ont fait un pas de géant dans la cartographie des nuages de Magellan, deux galaxies situées entre 160  000 et 200 000 années-lumière de la Terre.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse


  Ils ont également caractérisé la morphologie et l’âge des étoiles faisant partie du pont de Magellan, un filament de 75  000 années-lumière de longueur reliant les petit et grand nuages de Magellan.


Plus de dix millions d’étoiles croquées pendant dix ans par un télescope infrarouge au Chili ont été analysées, notamment au niveau de leur âge. Il s’agit du Télescope astronomique de sondage visible et infrarouge (VISTA) de l’Observatoire austral européen (ESO).

« VISTA a été essentiel pour réaliser cette image : le fait qu’il observe le ciel dans le proche infrarouge lui a permis de percer les nuages de poussière qui obscurcissent diverses régions galactiques », déclarent par voie de communiqué les chercheurs, qui publiaient leurs résultats fin août dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. « Ces nuages bloquent la majorité des longueurs d’onde visibles, mais sont transparents vis-à-vis des longueurs d’onde plus étendues que VISTA est destiné à observer. En conséquence, un plus grand nombre d’étoiles individuelles peuplant le centre de la galaxie apparaissent nettement sur le cliché. »


Des astronomes d’une dizaine d’universités européennes font partie des auteurs de l’étude. Leur principale conclusion : « Il est apparu que les étoiles les plus jeunes dessinent de multiples bras spiraux. »


Les deux nuages de Magellan, des « galaxies naines » qui sont connues des peuples de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud-Est et de l’Afrique depuis des millénaires, sont environ dix fois moins grands que la Voie lactée, qui compte entre 100 et 400 milliards d’étoiles. Ils doivent leur nom à Ferdinand Magellan, un explorateur portugais qui a fait le premier tour du monde entre 1519 et 1522. Magellan est mort aux Philippines en 1521 en tentant de soumettre un royaume insulaire.


Cette vidéo effectue une comparaison entre la nouvelle vue infrarouge du Grand Nuage de Magellan acquise par le télescope VISTA de l’ESO et une image plus classique obtenue dans le domaine visible. Le fait d’observer aux longueurs d’onde infrarouges permet à VISTA de percer les nuages de poussière qui composent cette galaxie voisine et donc de révéler l’existence d’un plus grand nombre d’étoiles.