Les astronomes sont maintenant capables de détailler la météo des autres planètes et de leurs lunes. De scruter leurs océans souterrains et des collisions célestes survenues il y a des milliards d’années. Et que penser des mystérieux sursauts radio rapides ? Survol de l’actualité astronomique.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

L’océan de Pluton

Des astrophysiciens japonais ont trouvé une explication à la présence d’un océan souterrain sur Pluton, détecté par la sonde New Horizons. Dans Nature Geoscience en mai, les chercheurs de l’Université de Hokkaido proposent qu’une couche de molécules de méthane mélangées à des cristaux d’eau glacée, à la base de la surface glacée de Pluton, pourrait isoler l’eau liquide de l’océan souterrain. Cet océan était un mystère étant donné le froid qui règne sur l’ancienne neuvième planète, où la température oscille entre -240 et -218 oC.

Le vent sur Titan

Des astrophysiciens français viennent de mesurer la vitesse d’un vent supersonique à 1000 km au-dessus de la surface de Titan, le plus gros satellite de Saturne. Ils ont utilisé le radiotélescope Alma au Chili pour ce faire. Les chercheurs du CNRS, qui publiaient leurs résultats dans la revue Nature Astronomy en avril, ont mesuré une vitesse de 350 m/s pour ce vent situé à la limite de l’atmosphère de Titan, qui s’étend jusqu’à 1500 km d’altitude.

La supernova chinoise

Des astronomes allemands ont identifié les restes d’une supernova, une brève explosion à la surface d’une étoile, qui a été observée en 48 avant Jésus-Christ par des astronomes chinois. Cela reporte de plus de 1000 ans la plus ancienne observation de supernova — le record était auparavant aussi tenu par une observation chinoise, en 1054 après Jésus-Christ, dont les restes ont été retrouvés dans la nébuleuse du Crabe. La nouvelle supernova a été décrite par des chercheurs de l’Université de Göttingen, qui ont travaillé avec le Très Grand Télescope au Chili, dans la revue Astronomy & Astrophysics. Elle se trouve dans l’amas de Messier, une agglomération d’étoiles en orbite autour de notre galaxie. Les restes de la supernova, qui mesure 8000 fois la distance Terre-Soleil, pèsent seulement 30 fois la masse de la Terre.

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE GÖTTIGEN

Le texte chinois de 48 avant Jésus-Christ qui décrit une supernova

Le désert neptunien

Une exoplanète de la taille de Neptune a été observée pour la première fois dans le « désert neptunien », très près de son étoile, par des astrophysiciens britanniques. Dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society en mai, les chercheurs de l’Université de Warwick décrivent la « planète interdite », NGTS-4b, située à 922 années-lumière de la Terre : elle est 20 fois plus massive que la Terre, soit légèrement moins que Neptune, la température à sa surface est de 1000 oC, avec une orbite de 1,3 jour autour de son étoile. NGTS-4b a toujours une atmosphère gazeuse, ce qui devrait être impossible dans le désert neptunien. Cela signifie qu’elle aurait migré il y a moins d’un million d’années à sa position actuelle.

Anomalie souterraine sur la Lune

Une anomalie souterraine a été détectée sous un cratère de la face cachée de la Lune en mai par des astrophysiciens américains. Dans les Geophysical Research Letters, les chercheurs de l’Université Baylor, au Texas, proposent qu’il s’agit des restes probablement très métalliques de l’astéroïde qui a créé le cratère Aitken qui, à 2000 km, est le plus grand du Système solaire. L’anomalie métallique mesure 700 km. Le cratère a été formé voilà quatre milliards d’années, et l’anomalie souterraine a été observée par les sondes Gravity Recovery and Interior Laboratory et Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA.

PHOTO FOURNIE PAR LA NASA ET L’UNIVERSITÉ DE L’ARIZONA

L’anomalie magnétique détectée sous le cratère lunaire Aitken

Un deuxième sursaut radio rapide

Des astrophysiciens californiens ont déterminé pour la première fois la source d’un sursaut radio rapide non répétitif. Il s’agit d’ondes radio très puissantes émanant de très loin dans l’univers, dont la cause est pour le moment inconnue, les hypothèses allant de trous noirs à des étoiles appelées « magnétars » en passant par des civilisations extraterrestres. Dans Nature, au début du mois de juillet, les chercheurs de Caltech expliquent qu’ils ont réussi ce tour de force en utilisant les données de plusieurs télescopes recueillies un mois avant et un mois après l’événement. Une soixantaine de sursauts radio rapides ont été détectés jusqu’à maintenant, mais leur source est généralement inconnue, la plupart étant non répétitifs. L’origine de ce sursaut radio rapide est la galaxie FRB 190523, située à 7,9 milliards d’années-lumière.