La girelle à tête bleue est l’une des quelques espèces de poisson où le sexe n’est pas déterminé avant l’âge adulte. Des chercheurs néo-zélandais viennent de montrer que les gènes qui déterminent le sexe — et la couleur — des individus sont situés dans leur gonade et non leur cerveau.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Quand on enlève un mâle d’un groupe de femelles girelles à tête bleues, elles reçoivent des hormones de stress qui changent leur comportement puis modifient l’expressions des gènes des gonades », explique dans un communiqué Erica Todd, biologiste à l’Université Otago, qui est l’auteure principale de l’étude publiée aujourd’hui dans la revue Science Advances. « Une hormone liée à la territorialité et l’agression chez ce poisson est davantage sécrétée. »

PHOTO KEVIN BRYANT, AP

La girelle à tête bleue est jaune quand elle est de sexe féminin et bleue quand elle est de sexe masculin. Les individus gardent le potentiel pour changer de sexe, en lien avec l’environnement (la présence ou non de mâles dominants), jusqu’à l’âge adulte. Les femelles jaunes qui deviennent mâles passent par une couleur grisâtre durant la transition.

Le changement dans la gonade, l’organe reproducteur, plutôt que le cerveau est un signe que les organes sexuels ont une action indépendante, probablement plus archaïque, selon les chercheurs néo-zélandais. Les cellules des gonades arborent des caractéristiques jamais observées durant cette transition. Ces versions passagères des cellules des gonades seront maintenant étudiées plus à fond pour mieux comprendre les capacités d’évolution cellulaire, potentiellement en lien avec le cancer.

L’an dernier, Mme Todd et son équipe avaient montré que certains mâles girelles à tête bleue peuvent changer de couleur et devenir jaunes pour échapper à la surveillance des mâles dominants qui chassent les autres mâles de leur territoire.