Des chercheurs américains ont mis au point un gant extrêmement flexible servant à entraîner les mains robotiques pour qu’elles prennent des objets plus fragiles.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Les humains peuvent identifier et manipuler des objets avec dextérité à cause des sensations tactiles, a expliqué par voie de communiqué Subramanian Sundaram, l’auteur principal de l’étude publiée fin mai dans la revue Nature, qui a travaillé sur le projet durant son doctorat au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Les robots n’ont pas accès à cette riche source de données. Si nous voulons que les robots puissent se charger de toutes les tâches manuelles, par exemple faire la vaisselle, il faut qu’ils puissent être aussi bons que nous pour ces manipulations. »

Les chercheurs du MIT ont mis au point un gant muni de 548 capteurs et 64 électrodes en réseaux, dont chaque intersection pouvait mesurer les forces perpendiculaires et la résistance électrique. Qui plus est, ce gant ne coûte que 10 $ US à fabriquer et est pratiquement incassable en utilisation normale, ses composantes électroniques étant très flexibles.

Les roboticiens bostonnais ont ensuite manipulé 26 objets pendant cinq heures avec le gant et soumis les données du gant et les vidéos à un algorithme d’intelligence artificielle. Par la suite, l’algorithme a réussi à identifier la plupart des objets seulement avec les données du gant. Les objets allaient de la cuillère aux ciseaux, en passant par une tasse de porcelaine, une pile, une agrafeuse, une pièce de cinq francs suisses, une balle de tennis, un stylo, une chaîne et une petite statue de chat couché.

La prochaine étape est d’entraîner des mains robotiques à manipuler les objets sans les casser puis à les utiliser à bon escient, par exemple écrire avec le stylo. Les prothèses pourront également être améliorées par ces recherches.