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Construire en bois contribuerait à réduire les GES

Comme ce n'est pas le bois qui manque... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Comme ce n'est pas le bois qui manque au Québec, l'étudiant au doctorat Charles Breton incite à le considérer d'un autre oeil pour les grandes constructions.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Miser sur les constructions en bois plutôt qu'en acier ou en béton aiderait le Québec à se rapprocher de ses cibles de réduction de gaz à effet de serre. C'est ce qu'a soutenu hier Charles Breton, étudiant au doctorat, qui est convaincu que la province a une belle occasion sur les plans à la fois économique et écologique devant elle.

« L'idée n'est pas de dire que le bois doit être utilisé partout et qu'il n'a aucun impact. Mais on sait qu'il faut limiter l'usage des carburants fossiles le plus possible, et je pense qu'on a ici des moyens de le faire en utilisant des matériaux qui sont renouvelables et qui captent même du carbone », a affirmé à La Presse celui qui mène ses travaux au sein de la Chaire industrielle de recherche sur la construction écoresponsable en bois de l'Université Laval.

L'argument de M. Breton est technique, mais il vaut la peine d'être expliqué. Il existe des analyses de cycle de vie qui étudient le bilan carbone de chaque type de matériaux sur l'ensemble de leur durée de vie. Le hic, selon Charles Breton, c'est que ces calculs « ne décrivent pas bien les impacts du bois » et qu'ils « sous-estiment ses avantages ».

Stocker le carbone

Prenons la production d'acier ou de béton. Leur fabrication génère une grande quantité de GES d'un coup. Puis ces matériaux n'émettent à peu près plus rien. Le cas du bois est plus complexe. En poussant, les arbres ont capté du CO2 de l'atmosphère qui est emprisonné dans le bois de construction. Les analyses conventionnelles de cycle de vie supposent qu'une bonne partie de ce carbone finira par retourner dans l'atmosphère, parce que le bois sera éventuellement brûlé ou dégradé.

Or, dans les analyses de cycle de vie, une émission aujourd'hui (comme pour l'acier ou le béton) ou dans 100 ans (comme pour le bois), c'est du pareil au même. C'est en fonction du bout du cycle qu'on fait les comptes et qu'on détermine les avantages des matériaux les uns par rapport aux autres.

Charles Breton n'est pas d'accord avec cette méthode. Il soutient qu'il est préférable de stocker le carbone le plus longtemps possible dans les matériaux plutôt que d'émettre massivement dès maintenant.

« En faisant comme ça des sommes bêtes et méchantes, on efface les avantages du stockage. Si notre but est de réduire les impacts des changements climatiques avant 2100, il faut limiter les émissions avant 2100. »

- Charles Breton, étudiant au doctorat

La solution qu'il propose pour l'analyse du bois a été développée par d'autres chercheurs et s'appelle l'« analyse de vie dynamique ». La différence est qu'elle prend en compte le moment où le carbone est relâché. « La méthode dynamique permet de mieux considérer les avantages associés au bois », estime l'étudiant.

Charles Breton plaide que le carbone peut rester très longtemps dans le bois. « Si on pense au Petit Séminaire de Québec ou à d'autres écoles québécoises qui ont des charpentes en bois et qui ont 200 ou 300 ans, le carbone y est toujours », dit-il. Le bois peut aussi être recyclé. Et c'est sans compter le fait que quand on coupe un arbre, il y en a souvent un qui repousse au même endroit et qui recommence à séquestrer du carbone.

Gagner du temps

Pour toutes ces raisons, Charles Breton estime qu'on a tort de considérer qu'une tonne de CO2 émise par le bois est équivalente à une tonne de CO2 émise par la fabrication du béton. Il convient qu'« il ne faut pas pelleter le problème en avant », mais il estime néanmoins que le bois nous permet de gagner du temps, puisque ses émissions surviendront beaucoup plus tard qu'avec d'autres matériaux.

« Si on arrive à retarder le moment où on va atteindre 1,5 ou 2 °C d'augmentation [de la température du globe], on va peut-être arriver à un jour où on va avoir d'autres moyens et où l'urgence va être moindre », soutient-il.

Comme ce n'est pas le bois qui manque au Québec, Charles Breton incite à le considérer d'un autre oeil pour les grandes constructions. « L'industrie du bois, ça fait vivre plusieurs régions au Québec et ça fait travailler des gens, dit-il. Il n'y a pas seulement des avantages environnementaux. J'y vois aussi des avantages économiques et sociaux. »

L'Acfas en bref

Après les microbilles, les microfibres

Geneviève d'Avignon, étudiante au doctorat à l'Université McGill,... (PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Geneviève d'Avignon, étudiante au doctorat à l'Université McGill, a révélé que le fleuve Saint-Laurent contenait des microfragments provenant de l'érosion des objets de plastique et des microfibres.

PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE

En 2013, des chercheurs de l'Université McGill ont fait une découverte fortuite en menant des études sur les poissons : des milliers de petites billes de plastique jonchaient le fond du Saint-Laurent. La trouvaille a mené le Canada à bannir les savons, shampoings, dentifrices et autres produits de soins personnels contenant ces microbilles, qui y avaient été incorporées pour créer une texture agréable. Mais le problème n'est pas réglé pour autant. Geneviève d'Avignon, étudiante au doctorat à l'Université McGill, a révélé que le fleuve Saint-Laurent contenait aussi des microfragments provenant de l'érosion des objets de plastique et des microfibres. On croit que ces dernières proviennent notamment de nos laveuses domestiques, qui les arrachent des vêtements faits de matériaux synthétiques comme le polyester. « C'est sûr que c'est un problème qui va être plus difficile à régler que les microbilles », a commenté la chercheuse à La Presse. Des études ont montré que plusieurs espèces de poisson ingèrent ces différentes formes de microplastique, dont la perchaude et le doré, mais on en connaît encore mal les effets sur les animaux et sur l'ensemble de la chaîne alimentaire.

6,9 %

C'est la proportion d'hommes qui ont vécu une agression sexuelle pendant l'enfance au Québec, contre 15,7 % des femmes. Ce portrait a été dévoilé par Karine Baril, professeure au département de psychoéducation et de psychologie à l'Université du Québec en Outaouais. Mme Baril montre que les hommes qui ont vécu des agressions sexuelles sont considérablement plus à risque de développer divers problèmes sociaux, dont des troubles liés à la consommation de drogues (38 % des victimes, contre 10 % pour les hommes non victimes), une détresse psychologique (34 % contre 17 %) ou des pensées suicidaires (24 % contre 10 %). Selon la chercheuse, ces résultats montrent la nécessité d'effectuer « un dépistage et une prise en charge précoces [chez les] garçons et [les] adolescents victimes d'agression sexuelle ». La scientifique a aussi noté que plus les hommes sont jeunes, moins ils rapportent avoir vécu d'agressions sexuelles pendant l'enfance. Cela tend à montrer que la violence sexuelle à leur endroit diminue, mais Karine Baril se méfie. « Il y a peut-être aussi le fait que dans le cas des hommes, il leur faut souvent des dizaines d'années avant de pouvoir admettre qu'ils ont été victimes d'agressions sexuelles », dit-elle.

Elodie Nguena remporte Ma thèse en 180 secondes

Moment fort du congrès de l'Acfas, le concours Ma thèse en 180 secondes permet à des étudiants des cycles supérieurs de présenter leur mémoire de maîtrise ou leur thèse de doctorat en trois petites minutes. La compétition, particulièrement relevée cette année, a été remportée par Elodie Nguena, de l'Université de Sherbrooke, qui a expliqué comment elle réparait des circuits électriques avec du gallium. Antoine Zboralski, de l'Université de Moncton, et Zakaria Mestari, de l'UQAM, ont raflé les deuxième et troisième prix respectivement.




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