(Québec ) Fermés partiellement depuis la mi-octobre, les services d’urgence du Centre de santé de Senneterre rouvriront à compter du 7 mars grâce à l’embauche de deux infirmières et une infirmière auxiliaire. La mort d’un homme de l’endroit, pendant les heures de fermeture des urgences, avait semé la consternation en novembre.

Publié le 24 février
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le ministre de la Santé et des Services sociaux a confirmé jeudi que les services d’urgence du CLSC de Senneterre en Abitibi-Témiscamingue seront à nouveau ouverts en tout temps à compter le 7 mars.

« On avait dit qu’aussitôt qu’on aurait la main-d’œuvre disponible pour rouvrir l’urgence du CLSC, on le ferait. J’ai bien dit que chaque infirmière peut faire la différence. On a ici un exemple et je suis heureux d’annoncer que c’est chose faite », a fait valoir le ministre au Salon bleu. M. Dubé était talonné par la députée solidaire Émilise Lessard-Therrien sur la pénurie de main-d’œuvre.

« Chez moi, la situation, elle ne s’améliore pas », a lancé la députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue affirmant que la pénurie s’aggrave au CISSS Abitibi-Témiscamingue. « Il y a un an, quand je me levais en Chambre, je parlais d’un manque d’infirmières d’environ 250. Eh bien, là, on est rendu autour de 330 », a-t-elle ajouté lors de la période de questions.

Donc ça, c’est 80 infirmières de moins. Et tous les programmes que le ministre [Dubé] a mis en place, des programmes temporaires, ont permis seulement de recruter six infirmières en Abitibi-Témiscamingue.

Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue

Assez donc pour permettre notamment la réouverture des services d’urgence de Senneterre. Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue a confirmé la nouvelle jeudi après-midi. La reprise des activités est aussi rendue possible grâce au retour de certains employés qui étaient absents. Tant le ministre Dubé que Mme Lessard-Therrien ont affirmé que cette nouvelle n’était pas étrangère à la mobilisation du milieu.

Christian Dubé a comparé à « une grande séduction » l’offensive de Senneterre pour recruter du personnel soignant. « Je pense que oui, on passe à travers des moments difficiles, mais en plus, nos efforts commencent à porter fruit », a ajouté le ministre. La présidente-directrice générale du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Caroline Roy, a néanmoins réitéré jeudi que la pénurie de main-d’œuvre « continue d’exercer une forte pression sur l’organisation ».

La fermeture des urgences de Senneterre avait fait grand bruit l’automne dernier. L’ex-maire de l’endroit, Jean-Maurice Matte, avait fait le chemin jusqu’à l’Assemblée nationale pour réclamer l’intervention personnelle du ministre Dubé dans le dossier. À ce moment, le gouvernement Legault s’apprêtait à imposer la vaccination obligatoire du personnel soignant. Les établissements de santé, déjà fragilisés par la pénurie de main-d’œuvre, avaient dû fournir des plans de contingence au ministre Dubé.

Malgré l’abandon de la mesure, les urgences de Senneterre ont dû être fermées 16 heures par jour par manque de main-d’œuvre. Ce que craignait le milieu est survenu le 30 novembre alors qu’un homme de Senneterre, Richard Genest, est mort pendant les heures de fermeture. Le CISSS a assuré que l’« ensemble des protocoles en vigueur ont été respectés ».

Les partis d’opposition avaient reproché au ministre Dubé d’avoir donné le feu vert à cette réorganisation de service. Le gouvernement affirmait pour sa part que la fermeture des urgences n’avait rien à voir avec le décès de l’homme de 65 ans. Le Bureau du coroner mène toujours une enquête.