(Montréal) Le nouveau-né a la peau douce, pleure parfois, a le hoquet, un pouls et son cœur bat plus ou moins vite. Mais il n’est pas réel : il s’agit d’un mannequin simulateur de patient à la fine pointe de la technologie, l’un des nombreux développés par la firme montréalaise CAE qui vient de faire un important don à la Fondation du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), incluant de tels mannequins, pour la formation de son personnel hospitalier.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

L’initiative a pour objectif d’offrir une formation de pointe en soins de santé, afin de faire une différence dans la vie des patients.

Le don de 500 000 $ comprend de l’équipement de CAE d’une valeur de 250 000 $.

Si la firme CAE est plus connue pour ses simulateurs de vol qui servent à la formation des pilotes, elle a aussi une division de soins de santé et a développé plusieurs mannequins hyper réalistes qui servent à l’enseignement.

Celui servant aux accouchements est saisissant de réalisme. La « mère » respire fort pendant l’accouchement, sa cage thoracique se soulève, son pouls augmente, comme ses battements cardiaques. Elle finira par donner naissance par voie vaginale à un « bébé ». Tout est contrôlé par des ordinateurs qui peuvent programmer une foule de problèmes qui surviendront pendant l’accouchement, comme une détresse respiratoire, forçant les médecins et infirmières à réagir en conséquence. L’ordinateur fournira ensuite un compte-rendu sur les actions posées, indiquant si d’autres gestes auraient pu être faits. Le « bébé » peut aussi être programmé afin que ses épaules soient positionnées de façon à rendre l’accouchement plus difficile.

Les mannequins servent à poser des diagnostics, mais aussi à pratiquer diverses procédures médicales.

Et l’un des avantages est qu’ils permettent aux équipes de soins de se pratiquer ensemble. Avant, des infirmières pouvaient recevoir de la formation au centre de simulation de l’Université McGill, mais sans les médecins et les autres professionnels avec lesquels elles travaillent au jour le jour. D’avoir le centre sur place permettra d’offrir plus de formation et aussi aux équipes d’apprendre ensemble, a expliqué l’urgentologue pédiatrique Elene Khalil, directrice de l’éducation et codirectrice médicale des mesures d’urgence pour le CUSM.

Le centre hospitalier disposait déjà de certains mannequins dans son centre de recherche, mais ceux-ci sont les premiers qui serviront pour les soins cliniques.