Depuis le début de l’épidémie, environ quatre patients sur cinq qui sont morts du coronavirus avaient plus de 60 ans.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Les plus de 60 ans surreprésentés

Alors que la Colombie-Britannique annonçait son deuxième cas probable de coronavirus, mardi, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a rappelé que la vaste majorité des plus de 490 morts confirmées jusqu’à maintenant touchent des personnes âgées présentant d’autres comorbidités. Les enfants semblent également pour l’instant épargnés par le virus. Dans un Bulletin de vigie en santé des voyageurs publié mardi après-midi, l’INSPQ écrit que les complications et les décès liés au coronavirus « sont survenus principalement chez des personnes âgées atteintes de maladies chroniques, ou celles avec une atteinte de leur système immunitaire ». Selon des données de la China’s National Health Commission publiées mardi par la BBC, environ 80 % des personnes qui sont mortes après avoir été infectées par le nouveau coronavirus (2019-nCoV) avaient plus de 60 ans et 75 % d’entre elles avaient d’autres conditions médicales comme des maladies cardiovasculaires ou du diabète.

Et les enfants ?

PHOTO SOE ZEYA TUN, ARCHIVES REUTERS

Pour l’instant, les enfants semblent épargnés par le coronavirus.

La Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue et pédiatre au CHU Sainte-Justine, souligne aussi qu’« à l’autre extrême, on cherche des cas en pédiatrie, et il y en a très peu ». « Ça ne semble pas causer plus de complications que ça chez les enfants », note la Dre Quach, qui souligne que ces conclusions sont basées sur les informations divulguées par le gouvernement chinois, qui sortent « au compte-gouttes ». Jusqu’à maintenant, une seule mort liée au coronavirus a touché une personne plus jeune et en santé, un homme de 35 ans, selon la Dre Quach. Le virus a été détecté chez certains enfants qui n’avaient pas présenté de symptômes majeurs de la maladie. « Pourquoi ça semble toucher moins les enfants ? On ne le sait pas », note la Dre Quach.

Deuxième cas probable en Colombie-Britannique

PHOTO JOHN WOODS, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg

La Colombie-Britannique a annoncé mardi après-midi qu’un deuxième cas probable de coronavirus faisait l’objet d’investigation sur son territoire. Il s’agit d’une femme de 50 ans ayant été en contact avec des membres de sa famille en provenance de la région de Hubei, épicentre de l’épidémie. Les premiers tests réalisés auprès de la patiente se sont révélés positifs, lundi soir. Ces résultats doivent encore être confirmés par le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg. Si ce cas se confirme, il s’agira du cinquième cas de coronavirus enregistré au Canada. Le Québec ne compte toujours aucun cas confirmé. Mardi en fin de journée, le nombre de cas confirmés de coronavirus atteignait 24 300 en Chine continentale. Les morts s’élevaient à plus de 490, la plupart dans la province de Hubei, en Chine.

Canadiens rapatriés jeudi

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Patty Hajdu, ministre fédérale de la Santé

Le vol qui ramènera les Canadiens qui attendent d’être évacués de Wuhan, en Chine, décollera jeudi matin, a confirmé mardi le gouvernement canadien. La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a déclaré que 304 Canadiens ont demandé de l’aide pour rentrer chez eux, mais que seulement 280 d’entre eux ont un passeport canadien. Ottawa a décrété qu’à leur arrivée au Canada, les évacués seront mis en quarantaine à la base des Forces canadiennes à Trenton pendant 14 jours.

L’OMS demande plus de collaboration

PHOTO SALVATORE DI NOLFI, ASSOCIATED PRESS

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé

Toujours mardi après-midi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a accusé certains pays riches d’être « très en retard » en matière de partage d’informations sur les cas de contamination par le nouveau coronavirus. Il a réclamé une plus grande solidarité internationale pour combattre l’épidémie de pneumonie virale. « Sur les 176 cas signalés jusqu’à présent en dehors de la Chine, l’OMS a reçu des formulaires de déclaration de cas complets pour seulement 38 % des cas. Certains pays à revenu élevé sont très en retard dans le partage de ces données vitales avec l’OMS. Je ne pense pas que ce soit par manque de capacités, a-t-il expliqué. Sans de meilleures données, il est très difficile pour nous d’évaluer l’évolution de l’épidémie ou l’impact qu’elle pourrait avoir et de nous assurer que nous fournissons les recommandations les plus adéquates. »

— Avec l’Agence France-Presse et La Presse canadienne