(Montréal) Deux grands syndicats de préposés aux bénéficiaires affirment avoir réalisé un déblocage « historique » dans leur négociation avec Québec, quant à la création et à la stabilisation des postes de préposés et d’auxiliaires.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Cette clause vise à stabiliser les équipes, en créant davantage de postes à temps complet et permanent dans tout le Québec. Elle vise non seulement les préposés aux bénéficiaires, mais aussi les auxiliaires aux services de santé et sociaux — qui font le même travail que les préposés, mais à domicile.

Ce sont le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et le Syndicat québécois des employés de service (SQEES), tous deux affiliés à la FTQ, qui ont conclu une entente de principe à cet effet avec Québec. Ensemble, ils représentent 15 000 travailleurs qui sont concernés.

Seulement 30 % des postes de préposés étaient à temps complet. L’entente permettra d’offrir un poste à temps complet « à 100 % » de ceux qui le désirent, a indiqué en entrevue lundi Karine Cabana, négociatrice à la table sectorielle pour le SCFP. Ceux qui veulent demeurer à temps partiel pourront tout de même le faire.

Elle précise que l’entente vaut non seulement pour les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), mais aussi pour les centres hospitaliers et les centres de réadaptation.

Des préposés pouvaient travailler durant deux journées dans un établissement et deux journées dans un autre. En vertu de cette entente de principe, « ce sera une installation et un quart de travail », résume Mme Cabana. « On évite ainsi que les gens se promènent » d’un établissement à l’autre.

Mme Cabana y voit « un grand déblocage », un gain « historique », un « bond majeur » pour ces milliers de préposés aux bénéficiaires et d’auxiliaires aux services de santé et sociaux. « Pour nous, c’était l’enjeu majeur ou un des enjeux majeurs. »

Cela fait effectivement plusieurs années que les syndicats du secteur public négociaient pour tenter d’obtenir plus de postes à temps complet — ce qu’on appelle dans le milieu la titularisation des postes.

Soumis au vote

Cette clause fait partie de la négociation plus large des conventions collectives avec Québec. Mais, exceptionnellement, vu l’importance du sujet, les deux grands syndicats vont faire voter leurs membres à ce sujet — même s’il n’y a toujours pas d’entente sur le renouvellement des conventions collectives.

Les membres du SCFP et du SQEES se prononceront sur cette entente de principe d’ici la mi-octobre.

Le Conseil du trésor s’est réjoui de cette entente de principe avec deux grands syndicats de la FTQ. « Il s’agit d’une bonne nouvelle et nous continuons de travailler aux tables de négociations afin d’en arriver à des ententes mutuellement bénéfiques pour tous les employés de la fonction publique », a fait savoir la ministre Sonia LeBel.

Tous les détails de l’entente n’ont pas été divulgués, puisque les membres n’en ont pas encore pris connaissance.

Interrogée quant à savoir si elle était optimiste, si elle s’attendait à ce que ses membres entérinent l’entente, Mme Cabana s’est exclamée : « ah oui ! »

Le ministère de la Santé et des Services sociaux et le Conseil du trésor ont déjà exprimé leur volonté de s’entendre le plus rapidement possible avec les syndicats et d’améliorer les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Legault a d’ailleurs posé plusieurs gestes en ce sens, en instaurant des primes COVID et en offrant une formation accélérée pour ajouter des milliers de préposés, notamment.