Même si le nombre de transplantations a augmenté de 33 % depuis 2009 au Canada, une pénurie d’organes sévit toujours et plus de 200 personnes meurent chaque année sur les listes d’attente, révèlent de récentes données publiées jeudi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

En 2018, 2782 transplantations ont été réalisées au Canada. Il s’agit d’une hausse significative par rapport à 2009.

Nombre de transplantations simples ou multiples par province en 2018

•Colombie-Britannique: 502

•Alberta: 382

•Saskatchewan: 37

•Manitoba: 58

•Ontario: 1235

•Québec: 497

•Atlantique: 118

•Total: 2829

Malgré une amélioration dans les dons, 4351 personnes figuraient sur la liste d’attente pour obtenir une transplantation au pays à la fin de 2018. Ces patients attendaient un rein (3150 patients), un foie (527 patients), un poumon (270 patients), un cœur (157 patients) ou un pancréas (156 patients).

Nombre de patients en attente d’une transplantation simple

•Colombie-Britannique: 669

•Alberta: 654

•Saskatchewan: 125

•Manitoba: 183

•Ontario: 1638

•Québec: 805

•Atlantique: 277

•Total: 4351

Au Québec, 497 transplantations ont été réalisées en 2018. En tout, 28 personnes ont perdu la vie en attente d’une transplantation. Directeur général de Transplant-Québec, Louis Beaulieu explique que le Québec enregistre une hausse des transplantations, principalement depuis cinq ans.

Selon lui, les discussions qui ont eu cours cet automne pour que le Québec adopte un régime de « consentement présumé » en don d’organes sont une bonne chose. « Mais si on ne touche qu’au consentement, ça n’aura pas d’impact sur le don d’organes », affirme M. Beaulieu.

Celui-ci explique notamment que la formation des professionnels doit être améliorée, que le réseau doit être mieux organisé et que l’éducation sur le don d’organes doit se poursuivre.

Directeur médical chez Transplant-Québec, le Dr Prosanto Chaudhury croit que les médecins coordonnateurs dédiés au don d’organes annoncé par Québec sont une bonne nouvelle. « Ça aidera le don d’organes », dit-il

Pourquoi une hausse?

Selon l’ICIS, l’augmentation dans les dons d’organes au Canada est principalement attribuable au fait que, depuis 2006, les donneurs après diagnostic de décès cardiocirculatoire (DDC) ont été admis comme donneurs décédés au pays. Avant 2006, seuls les donneurs ayant reçu un diagnostic de décès neurologique étaient acceptés.

« Le nombre d’organes transplantés provenant de donneur après DDC est ainsi passé de 42 en 2009 à 222 en 2018 », est-il écrit dans le rapport.

Le Dr Chaudhury explique que les donneurs après DDC représentent aujourd’hui un peu plus de 20 % des cas au Québec. M. Beaulieu ajoute que les patients demandant l’aide médicale à mourir peuvent aussi donner leurs organes et sont justement considérés comme des donneurs par décès après DDC. Au cours des deux dernières années, 60 Québécois ayant eu recours à l’aide médicale à mourir ont ainsi donné leurs organes, mentionne M. Beaulieu.