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Rappel de boeuf: le malheur des uns fait le bonheur des autres

Avec à peine 5% du cheptel canadien de... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Avec à peine 5% du cheptel canadien de boeuf de boucherie, le Québec ne peut espérer être autosuffisant.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Pour éviter le boeuf de XL Foods, potentiellement contaminé par la bactérie E. coli, plusieurs consommateurs se tournent vers la viande du Québec. «De nouveaux clients communiquent avec nous en raison du rappel de XL Foods, qui leur fait peur», confirme Alexandre Cajolet Couture, propriétaire exploitant de Boeuf Nature, à Durham-Sud.

Depuis quatre ans, cet éleveur produit du boeuf sans antibiotiques ni hormones de croissance. Il fait abattre ses bêtes loin de l'Alberta - à Lingwick, en Estrie - et livre la viande à domicile, jusqu'à Montréal.

Mais avec à peine 5% du cheptel canadien de boeuf de boucherie, le Québec ne peut espérer être autosuffisant. «Si demain matin on consommait toute notre production de bouvillon [boeuf de boucherie] et de boeuf de réforme, on comblerait 37% de la demande québécoise», explique Sonia Dumont, porte-parole de la Fédération des producteurs de bovins du Québec.

La fermeture de l'usine de XL Foods, le 27 septembre, a entraîné une demande accrue de boeuf québécois, selon Mme Dumont. «XL Foods abattait environ 5000 têtes par jour, rappelle-t-elle. Mais il est trop tôt pour qu'on mesure l'impact réel de cette situation. Pour l'instant, les prix sont stables.»

Heureusement, les bovins de réforme du Québec - des vaches en fin de carrière laitière - ne sont pas envoyés à l'abattoir en Alberta. «C'est trop loin», fait valoir Mme Dumont. Depuis la suspension des activités de l'abattoir québécois Levinoff-Colbex, au printemps, 80% des bêtes sont abattues en Ontario et en Pennsylvanie.

Projet de traçabilité jusqu'à l'assiette

Au Québec, le secteur bovin a été le premier, en 2002, à implanter des mesures de traçabilité. Les producteurs de boeuf québécois «doivent déclarer les mouvements d'animaux d'un endroit à l'autre», explique Marie Desjardins, agente de communications à Agri-Traçabilité Québec. En Alberta, ça reste volontaire.

Le problème, c'est que la traçabilité du boeuf québécois s'arrête à l'abattoir. «On perd le fil une fois la carcasse découpée», reconnaît Mme Desjardins. Or, la traçabilité jusqu'à l'assiette est un grand atout en cas de retrait de produits, et cela rassure les consommateurs sur l'origine de leur viande.

Un projet pilote visant à assurer la traçabilité complète du boeuf a eu lieu en 2010 et en 2011. Il a démontré que 60% des entreprises (transformateurs, distributeurs, détaillants) jugent avoir des outils en place pour assurer la traçabilité. «La mise en place d'un processus de traçabilité assurant le suivi des produits au-delà de l'abattoir semble possible et réaliste», lit-on dans le rapport du projet. Il n'a pas encore eu de suite.

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Le Québec produit:

> 5% du boeuf de boucherie (coupes nobles comme steak, filet mignon, etc.) canadien;

> 13% du boeuf haché issu de vaches de réforme (en fin de carrière laitière ou de reproduction) au Canada;

> 80% du veau canadien.

Source: Fédération des producteurs de bovins du Québec




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