Les opposants à la conversion de l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie en immeuble d'habitation de luxe ont eu droit à un répit inattendu, hier. Une résolution qui devait ouvrir la voie au projet controversé n'a pu recueillir l'aval du conseil municipal parce que 10 conseillers du maire Gérald Tremblay étaient absents.

Mis à jour le 24 févr. 2010
Martin Croteau LA PRESSE

L'administration Tremblay a utilisé sa majorité au conseil pour faire adopter deux résolutions qui approuvent la vente du bâtiment patrimonial par l'Université de Montréal au Groupe F. Catania. Mais le changement de zonage qui devait permettre au projet d'aller de l'avant nécessite l'appui d'une majorité absolue du conseil municipal, c'est-à-dire 33 votes.

 

Or, 10 conseillers d'Union Montréal manquaient à l'appel au moment du vote, et un autre, Claude Dauphin, est président de l'assemblée. La résolution n'a donc recueilli que 28 votes.

Les conseillers Joe Magri, Michel Bissonnette, Frantz Benjamin et Monique Worth étaient absents pour cause de maladie ou pour des motifs personnels. L'ancienne responsable du mont Royal, Helen Fotopulos, et le leader en chambre d'Union Montréal, Marvin Rotrand, étaient en voyage.

Autre absence remarquée: celle de Marie Cinq-Mars, mairesse d'Outremont, l'arrondissement où le projet doit voir le jour.

Visiblement irrité par le dénouement du vote, le responsable du dossier au comité exécutif, Alan DeSousa, a accusé d'«immobilisme» les partis de l'opposition.

«Les gens étaient convoqués, mais on a eu malheureusement quelques retards, quelques personnes qui sont tombées malades. Cela dit, allez au fond et le problème est l'immobilisme de l'opposition.»

Mais les partis de l'opposition ont fait valoir que la résolution aurait été adoptée sans problème si les conseillers du maire avaient été plus nombreux. Ils y voient la preuve que le projet ne fait pas l'unanimité dans l'équipe du maire.

«Ils ne sont pas capables de recueillir 33 voix, a affirmé la chef de l'opposition, Louise Harel. Certainement que ça dénote un vrai problème.»

«On pourrait penser qu'il y a un malaise dans les rangs d'Union Montréal s'ils n'ont pas su rallier assez de monde pour voter», a dit de son côté la leader en chambre de Projet Montréal, Josée Duplessis.

Report d'un mois

L'administration Tremblay compte soumettre le projet à un nouveau vote à la prochaine réunion du conseil municipal, dans un mois. Les règlements lui permettent aussi de convoquer une assemblée extraordinaire avant cette date.

En matinée, hier, le conseil semblait pourtant en voie de donner le feu vert à la conversion de l'ancien couvent. Le recteur désigné de l'Université de Montréal, Guy Breton, a confirmé sa volonté de vendre l'immeuble patrimonial au Groupe F. Catania.

«Bien malgré nous, les coûts de rénovation et de mise à niveau du 1420, Mont-Royal ont imposé à l'Université de Montréal de devoir se défaire de ce bâtiment», a affirmé M. Breton dans une lettre adressée au maire Gérald Tremblay.

 

10

C'est le nombre de conseillers du parti du maire qui étaient absents hier au conseil municipal. Le changement de zonage qui devait permettre au projet d'aller de l'avant nécessite l'appui d'une majorité absolue, c'est-à-dire 33 votes. La résolution n'a obtenu que de 28 voix d'appui.