« Les données ne mentent pas : neuf fois sur dix, la victime ne portait pas du tout ou pas correctement sa veste de flottaison. » En réponse à la récente suite de noyades dans la province, la Société de sauvetage du Québec affirme qu’il est temps d’en rendre l’usage obligatoire.

Mis à jour le 8 juin
William Thériault
William Thériault La Presse

Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, pense que les gens ont tendance à « ne pas voir la dangerosité » potentielle d’une situation, lorsqu’ils pratiquent une activité nautique.

« La principale raison pour laquelle les gens ne portent pas leur vêtement de flottaison individuel (VFI), c’est parce qu’ils n’ont pas l’intention de se retrouver par-dessus bord, précise-t-il. Je me permets de faire des parallèles. Quand je porte mon casque en vélo ou en ski, est-ce que c’est parce que je sais que je vais avoir un accident ? »

Prenez le temps de porter [un VFI]. Vous aurez des anecdotes à raconter plutôt que des drames à faire vivre à vos proches.

Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec

M. Hawkins aimerait, à la manière de la ceinture de sécurité dans les voitures, que le port du VFI obligatoire devienne une pratique commune en société. « J’ose prétendre que le contexte réglementaire peut faire une différence », avance-t-il.

Il y a eu environ 80 noyades par année, dans la dernière décennie. 73 % de ces décès surviennent durant les mois les plus chauds du calendrier, entre mai et septembre.

Dans les derniers jours

Mercredi soir, un corps a été repêché du fleuve Saint-Laurent à Montréal, dans l’arrondissement de Verdun.

C’est un passant qui se trouvait sur le bord de l’eau dans l’arrondissement de LaSalle qui a appelé au 911 en apercevant ce qui semblait être un corps à la dérive.

L’homme a par la suite été localisé, inanimé, dans le secteur de la petite plage urbaine à Verdun, située à proximité de l’intersection du boulevard LaSalle et de la rue de l’Église.

Des manœuvres de réanimation ont été pratiquées sur la victime, qui a été transportée à l’hôpital, où le décès n’a pas été confirmé dans l’immédiat.

Une femme de 81 ans s’est noyée à Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, mardi. Il s’agit d’un troisième décès par noyade en quatre jours au Québec.

Un homme de 84 ans se trouvait également à bord de l’embarcation de la victime, Émilienne Beaudin. Ils ont tous les deux chaviré « pour une raison encore inderminée » en milieu de journée sur le lac Rossister, affirme la sergente Hélène Saint-Pierre, de la Sûreté du Québec (SQ).

Vers 12 h 30, les secours ont reçu un appel à l’aide. Des agents de la faune qui se trouvaient dans le secteur avaient extirpé les deux personnes de l’eau. Elles étaient sur le lac pour pratiquer la pêche.

« Des manœuvres de réanimation ont été tentées » pour Mme Beaudin, poursuit Hélène Saint-Pierre. « Son décès a été constaté plus tard en après-midi. » L’homme, de son côté, a été gardé « sous observation » dans un centre hospitalier.

La victime ne portait pas de vêtement de flottaison individuel (VFI) au moment de l’accident. « C’est certain que de porter son VFI lors d’une activité nautique, c’est conseillé », a commenté la SQ.

Samedi, un homme de 36 ans est mort noyé lors d’une activité de pêche, à Baie-Comeau. Et lundi, un homme de 63 ans a perdu la vie de la même manière à Saint-Rose-du-Nord, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il y a eu 18 noyades dans la province cette année, selon les données de la Société de sauvetage du Québec. C’est un décès de moins que l’an dernier, à pareille date.

Dans les cas où une victime portait adéquatement son VFI, c’est principalement l’hypothermie qui vient causer la mort. « En plus du choc de tomber de façon involontaire dans l’eau, vous avez choc thermique assez important qui peut déclencher de l’hyperventilation. Vous devenez inconscient au bout d’une minute », explique Raynald Hawkins.

Pour éviter un accident lors d’une activité nautique, on peut aussi apprendre à se déplacer à l’intérieur d’une embarcation légère, naviguer en fonction des vagues et prendre le temps de consulter les prévisions météorologiques, conseille-t-il.

Avec La Presse Canadienne