(Québec) Quelques centaines de personnes ont manifesté pour le deuxième jour de suite, dimanche, leur opposition aux mesures sanitaires lors d’un rassemblement festif devant le parlement. Au cours de ce deuxième week-end du « convoi de la liberté » à Québec, les policiers ont procédé à 4 arrestations et ont remis 167 constats d’infraction.

Mis à jour le 20 février
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le maire de la ville, Bruno Marchand, s’est dit satisfait de la conclusion de la manifestation. « La très grande majorité des manifestants ont respecté ce qui était attendu d’eux », a-t-il affirmé devant l’hôtel de ville, soulignant que la ligne téléphonique municipale 311 avait reçu un nombre moins élevé de plaintes concernant le bruit comparativement au premier week-end de manifestations, il y a deux semaines.

M. Marchand espère toutefois que les organisateurs du convoi prendront une pause avant de ramener leurs camions à Québec. « On a beau être une capitale nationale, on a beau être prêt à accueillir des manifestations, chaque week-end, c’est vraiment démesuré. […] J’espère qu’on va être capable de se donner du temps entre les manifestations pour pouvoir reprendre notre souffle », a-t-il dit.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Quelques centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Québec dimanche.

La Ville connaîtra au cours du mois de mars « l’ensemble des frais » causés par ces deux week-ends de manifestations contre les mesures sanitaires.

Danse et méditation

L’atmosphère familiale sur la colline parlementaire affichait un contraste frappant avec la violence qui a marqué le démantèlement du convoi à Ottawa. À Québec, des camions étaient stationnés en bordure du boulevard René-Lévesque – en accord avec les services policiers – et ont klaxonné une bonne partie de la journée. Ces véhicules lourds arboraient des pancartes annonçant un « convoi de la liberté », des drapeaux du Québec, du Canada et des Patriotes, ainsi que des slogans invectivant les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau.

Les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la fontaine de Tourny, carrefour situé entre les jardins du Parlement et le parc de l’Esplanade, face au Vieux-Québec. Habillés chaudement – le lieu est situé dans un corridor de vent –, ils ont participé dimanche à une séance de méditation collective, puis ils ont dansé devant une petite scène où un animateur faisait jouer de la musique francophone, rock et électronique.

Dans une ambiance festive, les manifestants ont agité des pancartes pour exiger la fin de ce qu’ils considèrent comme « la dictature » imposée par l’état d’urgence sanitaire. « Ça fait deux week-ends qu’on [manifeste]. Cette semaine, on va attendre de voir qu’est-ce qui va se passer », a dit l’un des organisateurs de la manifestation, Bernard Gauthier.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Bernard Gauthier (à droite) pose en compagnie d’une manifestante.

« Nous autres, on va réagir si ça ne marche pas. On va se trouver d’autres choses, c’est sûr et certain. Je sais que vous allez tous être là », a-t-il ajouté face aux manifestants qui scandaient le mot « liberté ».

Des familles présentes

Aux abords de la scène, des centaines de toutous pour enfants ont été accrochés sur les installations de la fontaine et sur les arbres avoisinants. Ce symbole est utilisé par les manifestants pour demander au gouvernement Legault d’enlever les mesures sanitaires dans les écoles.

PHOTO CAROLINE GRÉGOIRE, LE SOLEIL

Des manifestants réclament la fin du port du masque pour les enfants et l’abandon définitif du passeport vaccinal.

Des enfants ont accompagné leurs parents pour ce deuxième week-end de manifestations contre les mesures sanitaires à Québec. « On est ici pour défendre la liberté, c’est un enjeu extrêmement important », a dit un père à son fils qui courait sur les nombreux bancs de neige.

Le Service de police de la Ville de Québec a procédé au cours du week-end à quatre arrestations, l’une pour voies de fait, l’autre pour action indécente et deux « en lien avec le règlement sur la paix et le bon ordre ». Les policiers ont aussi distribué « 63 constats en vertu de la réglementation sur la paix et le bon ordre, 75 constats en vertu du Code de la sécurité routière et 29 constats de stationnement ».