Les enfants inuits évacués par avion du Grand Nord vers un hôpital de Montréal peuvent être accompagnés d'un parent depuis hier, a annoncé le ministère de la Santé. « La politique d'accompagnement parental pour les évacuations aéromédicales à bord de l'avion Challenger est en vigueur en date d'aujourd'hui [hier] », a confirmé Marie-Claude Lacasse, du Ministère.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Quelques mois après une annonce en ce sens du ministre Gaétan Barrette, l'avion Challenger qui sert à effectuer ces transports et son équipage sont finalement prêts à accueillir un parent accompagnateur.

L'annonce suivait un reportage de La Presse sur le cri du coeur de médecins de l'Hôpital de Montréal pour enfants déplorant de parfois recevoir des enfants seuls, terrorisés par leur arrivée à l'hôpital et incapables de communiquer en français ou en anglais. Une médecin de Puvirnituq, un village de la baie d'Hudson, a qualifié la pratique de « barbare ».

La mesure touche tous les enfants en région isolée, mais les médecins avec lesquels La Presse s'était entretenue étaient d'avis que les membres des Premières Nations et les Inuits étaient particulièrement touchés.

À partir d'aujourd'hui, toutefois, la porte du Challenger sera par défaut ouverte à un adulte accompagnateur. Certaines situations - par exemple, la survenance d'un accident grave qui fait plusieurs blessés - pourraient changer la donne dans certains cas.

Une « excellente nouvelle »

L'autorité responsable des services de santé dans le Grand Nord « se réjouit » de la nouvelle, a-t-elle indiqué dans un communiqué. « C'est une excellente nouvelle pour les communautés, ainsi que pour le bien-être des enfants du Nunavik », s'est félicitée Minnie Grey, directrice générale de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

Cet enjeu a été au coeur d'une controverse la semaine dernière après qu'un enregistrement de M. Barrette évoquant la possibilité que les parents inuits soient sous l'effet de la drogue au moment du départ a été dévoilé par la CBC.

Le maire de Kuujjuaq, Tunu Napartuk, avait qualifié la déclaration de « raciste » et appelé le ministre à démissionner. Gaétan Barrette s'était rapidement excusé.