L'organisme municipal Laval Technopole vient de faire un pied de nez à la nouvelle administration du maire Marc Demers en refusant d'entériner la nomination du conseiller municipal David De Cotis au poste de président de son conseil d'administration, a appris La Presse. Le même conseil d'administration a toutefois entériné le départ du PDG de Laval Technopole, Pierre Desroches, qui empoche une indemnité de 393 000$.

Publié le 13 déc. 2013
Kathleen Lévesque LA PRESSE

Lors de discussions à huis clos au conseil d'administration de jeudi soir dernier, des membres de Laval Technopole se sont dressés contre le pouvoir politique du maire Demers et de son équipe. 

M. De Cotis s'est présenté à la réunion en croyant y occuper le poste laissé vacant par l'ancien conseiller municipal Basile Angelopoulos; il s'est heurté aux statuts et règlements invoqués par certains de ses nouveaux collègues. Selon les informations recueillies, les administrateurs ont convenu de demander un avis juridique afin d'éclaircir la situation.

Au cabinet du maire Demers, on a refusé hier de réagir à ce qui apparaît comme une fronde politique. «Nous respectons le huis clos. Il est donc hors de question de commenter les discussions du conseil d'administration», a déclaré l'attaché de presse du maire, François Brochu.

Il a donc été impossible de connaître les intentions du maire Demers devant quelque changement de gouvernance à faire dans Laval Technopole. En campagne électorale, Marc Demers avait promis une analyse juridique du bras immobilier de Laval pour en assurer la transparence et pour éviter les indemnités de départ comme celle que Pierre Desroches, un proche de l'ancien maire Gilles Vaillancourt, recevra en quittant ses fonctions le 31 décembre prochain.

Pas de relève

Le silence du maire de Laval tranche sur la réaction épidermique de son homologue de Montréal lorsque l'indemnité de départ versée à Charles Lapointe, de Tourisme Montréal, a été connue, le mois dernier. Denis Coderre s'est ouvertement indigné du «pont d'or» qui avait été donné à M. Lapointe. Toutes proportions gardées, M. Lapointe a pourtant joui d'une indemnité de départ moins généreuse que celle accordée à M. Desroches.

En effet, M. Lapointe a reçu 625 000$ pour les 24 ans passés à Tourisme Montréal, soit l'équivalent de 27 000$ par année de service. De son côté, Pierre Desroches recevra 393 000$ pour 6 ans à la direction de Laval Technopole, c'est-à-dire 65 000$ par année de service.

Dans un communiqué de presse émis hier, Laval Technopole ne donne aucune explication sur les conditions de départ de M. Desroches, payées à même les fonds publics. On salue toutefois son «rôle décisif dans la croissance économique» et «ses talents de gestionnaire».

M. Desroches n'a toutefois pas préparé la relève alors qu'il a omis de demander le renouvellement de son contrat à son échéance, le 30 septembre dernier. Le conseil d'administration de Laval Technopole a donc dû, jeudi dernier, mettre en place un comité de mise en candidature pour pourvoir le poste laissé vacant.

Aucun dirigeant ou administrateur n'était disponible hier pour commenter la situation.