Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime qu'il y a «toutes sortes des bonnes raisons» de limiter la possibilité pour les gens de choisir un «style de vie bungalow», mais qu'il ne faut pas pour autant en limiter artificiellement l'accès.

Charles Côté LA PRESSE

L'organisme participait aux consultations de la Communauté métropolitaine de Montréal au sujet de Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD). La consultation faisait escale à Longueuil hier soir.

Selon Yves-Thomas Dorval, président du CPQ, il est préférable de s'assurer que les coûts qui viennent avec les choix de résidence sont bien répercutés.

«Il y a plusieurs façons de le faire, a-t-il dit hier. Il y a les péages sur les transports, la taxe sur l'essence, la contribution aux infrastructures régionales de transport. C'est une question de tenir compte du coût sur l'ensemble de la société de la décision individuelle d'occuper plus de terrain ou de s'établir plus loin.»

Par ailleurs, le Conseil du patronat se dit entièrement favorable aux investissements dans les transports en commun, mais s'oppose à l'un des piliers du projet de PMAD, soit le gel de la zone urbaine et la protection de la zone agricole.

«Une des forces du Québec, et il n'y en a pas beaucoup, c'est le faible coût d'exploitation des entreprises», a dit M. Dorval. Le faible coût des terrains fait partie de cet atout, dit-il.

De son côté, l'agglomération de Longueuil a donné son appui au PMAD, tout en réclamant des pouvoirs accrus pour les municipalités afin d'assurer la protection des milieux naturels.

«Il faut faciliter la protection des milieux d'intérêt et réduire le risque de poursuites en expropriation déguisée», ont affirmé les représentants de l'agglomération hier soir.

«La protection des terres agricoles a bénéficié d'une législation particulière qui les a bien protégées depuis la fin des années 70, note le mémoire de l'agglomération. Pourrait-on envisager une législation similaire afin de préserver les milieux naturels?»

La Santé publique de la Montérégie a pour sa part souligné que les décisions d'aménagement ont un impact sur la santé. Selon l'agence, il y a chaque année 460 décès et 1660 hospitalisations attribuables à la mauvaise qualité de l'air. Cette pollution est principalement attribuable aux véhicules à moteur et au chauffage au bois. L'agence note que même si les objectifs du PMAD sont respectés, au terme du plan, 86% des gens en Montérégie vont toujours résider à l'extérieur des zones desservies par les transports collectifs.

Les 28 députés fédéraux du Nouveau Parti démocratique de la grande région de Montréal ont fait un passage remarqué devant ce forum municipal, en y déléguant deux des leurs. La plus grande partie de l'exposé du NPD a porté sur des objets provinciaux, comme la fiscalité ou la protection des terres agricoles. Mais il a aussi été question de transport.

«Le Canada est le seul pays à ne pas avoir de stratégie nationale de transport en commun et le NPD est le seul parti politique fédéral à proposer une telle stratégie», a affirmé la députée de la Pointe-de-l'Île, Ève Péclet.