À la veille des négociations de leur toute première convention collective, les éducatrices en milieu familial du Québec réclament des droits et des conditions de travail comparables à leurs consoeurs des Centres de la petite enfance (CPE).

Mis à jour le 15 févr. 2010
Catherine Handfield LA PRESSE

Les Alliances des intervenantes en milieu familial (ADIM-CSQ), qui regroupent 12 500 des 15 000 éducatrices en milieu familial du Québec, déposeront aujourd'hui leurs demandes au ministère de la Famille et des Aînés.

 

Cette première étape, qualifiée d'«historique» par la partie syndicale, marque le début des négociations avec le gouvernement du Québec en vue d'une première entente collective de travail. Rappelons qu'en juin, les éducatrices en milieu familial ont obtenu le droit de se syndiquer au terme d'une bataille judiciaire de plus de 10 ans.

«La première entente collective est la plus fondamentale. Et nous voulons des fondations solides», a dit hier Jean-Guy Baril, coordonnateur et porte-parole du dossier à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), lors d'un entretien avec La Presse.

«Notre prétention, c'est que les responsables de service de garde en milieu familial font un travail comparable aux éducatrices en CPE, a poursuivi M. Baril. C'est pourquoi nous demandons des droits et des conditions de travail comparables.»

Les éducatrices à domicile, qui sont considérées comme des travailleuses autonomes, reçoivent 26$ par jour pour chaque enfant. Avec cette somme, elles doivent elles-mêmes payer la nourriture et les aménagements pour accueillir les tout petits.

«Au bout du compte, nous avons calculé qu'elles gagnent un salaire variant entre 5 et 6$ l'heure», a déploré Sylvie Tonnelier, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance.

De leur côté, les éducatrices en CPE, considérées comme des salariées, gagnent de 14$ à 21$ de l'heure. Ces dernières ont également accès aux protections sociales prévues dans le Code du travail.

Dans le document qui sera remis aujourd'hui au Ministère, l'ADIM-CSQ réclame aussi l'accès à l'assurance parentale et au régime des rentes du Québec. Tout comme leurs consoeurs des CPE, les gardiennes à domicile souhaitent avoir droit à des congés fériés, des congés de maladie et un régime d'assurance emploi.

Elles demandent finalement d'avoir la possibilité d'être remplacées quand elles ont besoin de s'absenter.