Il y a, bien sûr, le Clan Panneton. Mais il y a aussi Panneton&Panneton. Et l'Agence de déménagement Pierre Panneton&Associés. Et les Frères FP Panneton. Il y a même... le Plan pas con!

Judith Lachapelle LA PRESSE

Les Molson brassent de la bière, les Coutu vendent des pilules, et les Panneton déménagent. Et tout commence avec Roger Panneton, le patriarche de 77 ans de Panneton&Panneton, dans le business des boîtes empilées depuis 45 ans.

 

Dans le bon vieux temps, «les gens faisaient leurs boîtes eux-mêmes», raconte M. Panneton père. Sur 100 déménagements, seulement deux clients demandaient aux déménageurs de faire et défaire leurs boîtes. «Aujourd'hui, c'est environ 30%. Les gens sont plus à l'aise.» Ils avaient aussi moins de possessions, estime le déménageur. «Y en avait qui n'avaient pas la télé, alors qu'aujourd'hui, les gens en ont trois ou quatre.» Un camion de 24 pieds suffisait à déménager un cinq et demi; aujourd'hui, les camions de 30 pieds sont bien remplis. Ce 1er juillet, Roger Panneton lancera 15 camions sur les routes. Le Clan Panneton, la plus grosse compagnie de déménagement au Québec, en aura une cinquantaine à Montréal seulement.

Les escaliers sont toujours aussi hauts, mais il y a plus d'ascenseurs. «Et les frigos étaient pas mal plus pesant. Aujourd'hui, le monde se plaint que c'est lourd, mais ça pèse rien!»

Roger Panneton ne déménage plus, mais il répond toujours lui-même au bout du fil de Panneton&Panneton. Il a eu 10 enfants - deux d'entre eux ont fondé les Frères Panneton, quatre sont au Clan Panneton, et Pierre Panneton a lancé sa propre agence.

«Il y a eu une chicane de famille il y a 20 ans, à la mort de mon épouse. Vous savez, la mère, ça tient tout», dit l'homme. Mais à ce moment, Roger Panneton ne faisait déjà plus partie du Clan Panneton, piloté par ses enfants. Et parmi les enfants du Clan, une dispute sur la gestion de l'entreprise a entraîné le départ de certains membres.

Aujourd'hui, il y a quatre déménageurs Panneton, toutes des compagnies distinctes. Et elles ne doivent pas être confondues avec le Plan pas con... Sur son site internet, l'entreprise de déménagement affirme que le nom est «une référence à une expression française qui indique une bonne idée». «Mais c'est sûr qu'il y a un jeu de mot avec la grosse compagnie de déménagement», dit, narquois, le président, Philippe Gredin.

La petite compagnie, fondée en 1995, ne compte qu'un camion, deux pour les grosses journées. «Il y a des clients qui n'aiment pas le nom, ils trouvent qu'il y a un gros mot. Mais en général, les gens rigolent!»

 

La rengaine qui colle aux oreilles

«Le Clan Panneton, pour déménager, le Clan Panneton, 937-0707!» La rengaine colle aux oreilles, et c'est bien évidemment voulu. Pierre Cyr, le président, n'est pas peu fier de son coup. «Chaque année, il y a des agences de publicité qui m'offrent de rajeunir notre image en changeant la chanson. Je veux rien savoir!» Il a travaillé dur, dans les années 90, pour obtenir de Bell un numéro de téléphone facile à retenir (à l'époque, il n'était pas possible de choisir son numéro). «Je me suis inspiré de l'Institut linguistique. Si les gens avaient retenu le fameux two-five-four-six-o-one-one, ils allaient se souvenir du nôtre aussi!»