Une femme de 67 ans se trouve entre la vie et la mort après avoir été battue à coups de poing par trois adolescents, dans la nuit de dimanche à hier, au coin des rues Saint-Vital et Henri-Bourassa, à Montréal-Nord. Ses agresseurs voulaient lui voler son sac à main.

Martin Croteau LA PRESSE

La sexagénaire descendait d'un autobus, peu après minuit, lorsqu'elle a été aperçue par trois garçons, âgés de 15 et 16 ans, qui se trouvaient de l'autre côté du boulevard. Ils se sont dirigés vers elle et lui ont pris son sac à main avant de la rouer de coups.

 

Les agresseurs ont ensuite pris la fuite, laissant leur victime mourante sur le béton. Elle a été transportée à l'hôpital de toute urgence, où les médecins la traitent pour un grave traumatisme crânien.

«On craint très, très sérieusement pour sa vie», a expliqué hier le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière, qui cachait mal son dégoût face à la gravité du crime. «Qu'est-ce qui les a poussés à commettre quelque chose d'aussi odieux? a-t-il lâché. Ils l'ont battue à poings nus.»

Une trace de sang de la taille d'un ballon de football se trouvait toujours sur le trottoir devant l'arrêt d'autobus, hier, lors du passage de La Presse. Des voisins rencontrés sur les lieux avaient du mal à croire qu'un crime aussi sauvage puisse être commis dans leur quartier.

«Moi, je travaille tous les jours et j'arrive en autobus à 1h30 chaque matin, a confié Juana Perez, qui habite à quelques mètres à peine du lieu du crime. À partir de maintenant, je ne sais pas ce que je vais faire.»

La victime était peu connue dans les environs, mais plusieurs résidants se sont dits indignés. Le quartier, ont-ils dit, n'est pas connu pour sa violence, contrairement à la partie est de Montréal-Nord, un secteur très fréquenté par les gangs de rue.

«Une madame âgée comme celle-là, elle devait être innocente, a affirmé Raymond Vuong, un jeune homme qui ne connaissait pas la victime. Il n'y a pas de raison pour que quelqu'un la haïsse comme ça.»

Deux arrestations

Un témoin a appelé les policiers, et leur a donné une description des agresseurs. Deux d'entre eux ont été arrêtés dans les heures qui ont suivi le crime. Le troisième était toujours au large au moment de mettre sous presse. Mais les policiers ont bon espoir que la gravité du crime incitera d'autres témoins à le dénoncer.

Les enquêteurs n'ont pas encore déterminé la nature des accusations qui seront déposées contre les deux adolescents qui ont été arrêtés.