(Ottawa) Le ministre canadien des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a déclaré qu’Ottawa avait conclu un protocole d’entente avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation, afin de remettre plus de dossiers sur les pensionnats que détient encore Ottawa.

Publié le 20 janvier
La Presse Canadienne

Le gouvernement fédéral affirme que l’entente précise à quel moment il enverra les documents historiques au centre de Winnipeg, comment il les mettra à la disposition des survivants des pensionnats et de quelle façon il s’efforcera de les préserver.

Des survivants des pensionnats et des dirigeants autochtones demandent depuis longtemps au gouvernement fédéral de divulguer les dossiers qu’il refusait encore de remettre entièrement, invoquant des motifs juridiques.

Les demandes se sont intensifiées l’année dernière lorsque plusieurs communautés autochtones ont annoncé qu’un radar pénétrant avait localisé ce que l’on croit être les restes de centaines d’enfants dans des tombes non marquées sur les sites d’anciens pensionnats.

Le ministre Miller avait annoncé le mois dernier qu’Ottawa examinait les dossiers toujours en sa possession pour déterminer ce qu’il pourrait publier de plus afin d’aider les survivants des pensionnats.

Il expliquait à l’époque qu’il commencerait par envoyer ce que l’on appelle des « récits des faits relatifs aux pensionnats », qui sont des rapports rédigés par le gouvernement fédéral décrivant les évènements clés dans chacun des établissements.

La directrice exécutive du Centre national pour la vérité et la réconciliation, Stephanie Scott, a déclaré que le transfert de ces dossiers par Ottawa aidera à reconstituer la façon dont le système des pensionnats financé par le gouvernement fédéral a été administré et fournira une image plus complète de ce que les survivants ont vécu.

« Qu’il s’agisse de trouver des tombes anonymes ou de rassembler des archives de ce qui s’est passé, cela nous aide à honorer et à nous souvenir de tous les enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux », a indiqué Mme Scott.

Les survivants et les dirigeants autochtones demandent depuis longtemps au gouvernement fédéral de divulguer les dossiers restants qu’il avait refusé de dévoiler, invoquant les obligations légales qu’il avait envers des tiers, y compris les entités catholiques qui exploitaient les institutions. Certaines de ces entités sont aujourd’hui disparues.

Il y a encore beaucoup de vérité à découvrir, alors lorsque nous recevrons cet ensemble de dossiers supplémentaires, les communautés comme celle de Kamloops pourront avoir des informations et un accès à l’information.

Stephanie Scott, directrice exécutive du Centre national pour la vérité et la réconciliation

La décision du gouvernement libéral de revoir sa publication de documents fait suite à la déclaration du Centre national pour la vérité et la réconciliation, l’automne dernier, selon laquelle le premier ministre Justin Trudeau s’est trompé lorsqu’il a dit à un rassemblement de dirigeants autochtones sur le territoire de Tk’emlúps te Secwépemc qu’il avait remis tout ce qu’il avait.

Garnet Angeconeb, un survivant du pensionnat « Pelican Lake Indian » et membre du cercle des survivants du Centre national pour la vérité et la réconciliation, a déclaré que le transfert de documents est important pour que le pays puisse reconnaître son histoire, ce qui est nécessaire pour aller de l’avant.

« Les dossiers qui seront remis seront un moyen de découvrir la vérité pour pouvoir raconter nos histoires […] Pour pouvoir valider et reconnaître d’où nous venons en tant que survivants, en tant que pays. », a affirmé M. Angeconeb.

Mme Scott a également mentionné qu’elle espérait que le budget de printemps du gouvernement fédéral inclura un financement pour que le Centre national pour la vérité et la réconciliation obtienne un nouveau bâtiment et davantage de ressources pour archiver et partager correctement les documents.

Marc Miller a indiqué que son gouvernement avait inscrit ces promesses dans la plateforme électorale des libéraux de 2021 et qu’il avait l’intention de les honorer.