(Ottawa) Mary Simon est devenue officiellement, lundi, la nouvelle gouverneure générale du Canada ; la première représentante autochtone à cette fonction.

Lina Dib La Presse Canadienne

Vingt et un coups de canon ont salué l’installation de Mary Simon au poste de 30gouverneur général du Canada.

Si la cérémonie a inclus tous les éléments de ce genre d’évènements – prestations musicales, discours, prestation de serment – le tout a dû se faire dans une sobriété imposée par la pandémie de COVID-19.

Ainsi, seulement 44 invités ont pu être présents dans la chambre du Sénat où Mme Simon a prêté serment d’allégeance, serment d’office du gouverneur général et commandant en chef du Canada, et serment de garde du Grand Sceau du Canada.

Entrée au Sénat avec un joueur de tambour inuit, Mme Simon y a été accueillie par un cercle de tambours des Premières Nations.

À l’intérieur de la chambre du Sénat, une lampe traditionnelle est demeurée allumée pendant toute la durée de la cérémonie.

Cette cérémonie a été ouverte par une allocution de l’aînée Claudette Commanda, un mot de bienvenue algonquin puisque l’évènement se déroulait sur le territoire non cédé de la nation algonquine Anishinabe.

Ensuite, l’artiste Elisapie a interprété sa chanson Arnaq, mot qui signifie « femme » en inuktitut.

Réconciliation et changements climatiques

Une fois assermentée, Mme Simon a livré un discours qui a insisté sur la lutte contre les changements climatiques et sur la réconciliation.

« La double crise mondiale de la destruction de la nature et du changement climatique est sans aucun doute le défi de notre époque », a-t-elle déclaré, en évoquant les récents incendies de forêt, épisodes de sécheresse et vagues de chaleur record au Canada.

« Nous devons revoir notre façon de penser pour comprendre que la nature crée notre climat, que notre climat permet à la société d’être possible, et que dans notre société se trouve l’économie », a-t-elle plaidé.

Passant de l’anglais à l’inuktitut, et lisant quelques phrases en français, Mme Simon a offert sa vision de ce qu’est la réconciliation.

« Les découvertes de tombes non identifiées sur les terrains des pensionnats indiens ces dernières semaines m’ont horrifiée », a-t-elle confié.

« Bien des gens pensent que la réconciliation se fera par des projets et des services. Tous les Canadiens ont le droit d’avoir accès aux services. Moi, je suis d’avis que la réconciliation est un mode de vie et nécessite un travail quotidien », a-t-elle fait savoir.

« La réconciliation, c’est apprendre à se connaître, les uns les autres », a-t-elle conclu.

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

Mary Simon signe le registre flanquée du premier ministre Justin Trudeau et du juge en chef du Canada, Richard Wagner.

Dans une déclaration écrite saluant la prestation de serment de Mme Simon, le premier ministre Justin Trudeau est revenu sur le même thème.

« Notre pays continue de faire face aux dures réalités de notre passé collectif. Je sais que comme première gouverneure générale autochtone du Canada, Son Excellence saura nous aider à confronter ces difficiles vérités ensemble, à avancer sur le chemin commun de la réconciliation et à bâtir des ponts entre tous ceux qui vivent en ce pays », a déclaré M. Trudeau.

Promesse d’apprendre le français

La nouvelle gouverneure générale a également réitéré, dans son discours, sa promesse d’apprendre le français.

« Des Canadiens m’ont donné leur soutien de mon engagement à apprendre le français. Plusieurs m’ont même offert leur aide », a-t-elle rapporté, lisant, en français et avec difficulté, cette phrase de son discours.

M. Trudeau a nommé Mary Simon pour succéder à Julie Payette qui avait démissionné en janvier dernier. Mme Simon est une leader de la communauté inuite et une ancienne diplomate canadienne.

Son incapacité à parler français a cependant entraîné le dépôt de centaines de plaintes auprès du commissaire aux langues officielles qui a décidé de faire enquête sur le processus ayant conduit à sa nomination.