(Toronto) Plusieurs dizaines d’Irano-Canadiens se sont réunis à Toronto vendredi pour célébrer la mort d’un haut général dans leur pays d’origine.

Liam Casey La Presse canadienne

Une frappe aérienne autorisée la veille par le président américain Donald Trump a tué le général Qasem Soleimani, commandant de la force d’élite iranienne « al-Qods », à Bagdad, en Irak. Le guide suprême de l’Iran a promis une vengeance.

Mais pour ceux qui dansaient dans le nord de Toronto, vendredi après-midi, la mort du général Soleimani éveille l’espoir d’une renaissance pour l’Iran. « Un changement de régime en Iran, par le peuple de l’Iran », ont-ils scandé.

PHOTO COLE BURSTON, LA PRESSE CANADIENNE

« Je me sens merveilleusement bien parce que ça fait longtemps qu’on attendait ce moment », a fait valoir Hamid Gharajeh, porte-parole de l’Association démocratique iranienne du Canada.

Au cours des deux dernières décennies, le général Soleimani avait tissé un réseau d’alliés lourdement armés s’étendant jusqu’au sud du Liban, aux portes d’Israël. Même si son armée conventionnelle est entravée par 40 ans de sanctions américaines, l’Iran peut ainsi mener des attaques asymétriques dans la région par le biais de ses forces alliées comme le Hezbollah du Liban, des milices irakiennes et les rebelles houthis du Yémen.

Donald Trump a défendu sa décision vendredi en disant qu’il avait agi pour prévenir une guerre et non pour en déclencher une. Mais de nombreux observateurs ont vu cette frappe aérienne comme une escalade majeure des tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Des responsables américains ont fait allusion à des renseignements selon lesquels le général préparait une importante campagne de violence contre les États-Unis. Il aurait également approuvé les manifestations violentes orchestrées à l’ambassade américaine à Bagdad.

Hamid Gharajeh a quitté l’Iran en 1977 afin de poursuivre ses études universitaires aux États-Unis. Il s’est établi au Canada une dizaine d’années plus tard. Il n’a jamais remis les pieds dans son pays natal, où vivent toujours ses proches.

« Mon père et ma mère sont décédés en Iran, mais je ne suis jamais allé sur leurs tombes, a-t-il confié. Mon rêve est de retourner dans un Iran libre. »

D’autres participants au rassemblement de vendredi à Toronto ont dit espérer que la mort du général Soleimani catalyse un changement de régime.

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« Quiconque se soucie des droits de la personne devrait être contre le terrorisme et célébrer la mort de Soleimani », a avancé Sara Fallah, la directrice de la Coalition internationale des femmes contre l’intégrisme.

Behza Matin raconte pour sa part qu’il s’est mis à danser lorsqu’il a appris la nouvelle. « Je dois vous dire que j’ai eu le meilleur sommeil la nuit dernière », a-t-il lancé.

La scène accusait un fort contraste avec celle dans la capitale iranienne, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue après les prières de vendredi pour condamner le meurtre.