(Ottawa) Les Villes canadiennes demandent aux partis fédéraux d’ajouter plus de 800 millions par an à la stratégie nationale du gouvernement pour le logement et de combler les lacunes du plan pour rendre la location plus abordable et empêcher des gens de devenir sans-abri.

Jordan Press
La Presse canadienne

Parmi les demandes de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), il y a un nouveau fonds pour aider les aînés à payer pour des travaux de réaménagement afin qu’ils puissent rester chez eux plus longtemps, un autre pour aider à construire plus de logements pour les populations autochtones urbaines et un programme distinct pour payer des logements pour personnes sans abri atteintes de maladies mentales.

Les Villes demandent également aux partis d’envisager une combinaison de subventions et de crédits d’impôt pour les propriétaires d’immeubles locatifs vieillissants afin de financer les travaux de modernisation et d’entretenir les appartements en tant que logements à prix modique.

Les mesures de la plateforme rendue publique mercredi coûteraient environ 827 millions par an pour les huit années restantes de la stratégie de logement existante.

Les libéraux ont dévoilé leur stratégie nationale de logement, au coût de 40 milliards sur 10 ans, à la fin de 2017, en partenariat avec les provinces et les territoires. Ils ont depuis déclaré que le coût total dépasse 55 milliards en raison de nouvelles mesures de dépenses incluses dans le budget de cette année.

Mais le directeur parlementaire du budget a critiqué la stratégie. En juin, le directeur du budget avait déclaré que le plan n’augmentait pas beaucoup le financement. Il se demandait également si ses objectifs louables étaient réalisables, et les fournisseurs de logements ont déploré en privé la nature compliquée de certains des programmes.

Le président de la FCM, Bill Karsten, conseiller à Halifax, a déclaré que la stratégie « répond certes à une partie des besoins en matière de politique de logement au Canada, mais qu’il y a des lacunes ».

Combler ces lacunes réglerait le problème de l’abordabilité du logement dans de nombreuses villes, ce qui, selon certains sondages effectués pour la FCM, est une priorité pour la majorité des citadins du Canada. Et il semble que les partis soient également sensibles à la question, étant donné les slogans de la campagne et les discussions d’avant la campagne sur le fait d’aider les électeurs à faire face au coût de la vie.

« Les messages que nous avons présentés ont fait écho auprès des dirigeants du parti et de leurs campagnes », a déclaré M. Karsten.

« Nous devrons simplement attendre et voir comment cela se traduira dans les plateformes électorales des différents partis. »

D’après les commentaires des municipalités membres, la FCM suggère aux partis de créer un fonds annuel de 365 millions pour couvrir entièrement le coût de 2300 nouveaux logements chaque année pour les sans-abri les plus difficiles à loger, qui souffrent généralement de maladie mentale, de dépendance, ou des deux.

Un autre fonds couvrirait 70 % du coût de la rénovation ou de la construction de 1000 logements par an pour les peuples autochtones en milieu urbain, à un coût de 162,5 millions par an, afin de remédier à ce que des militants ont décrit comme un manque criant dans le plan de 10 ans.

Et le groupe de municipalités suggère une combinaison de crédits d’impôt et de subventions fédérales d’une valeur de 250 millions par an pour protéger environ 40 000 unités en huit ans, dont les locataires risquent d’être expulsés par des propriétaires qui utilisent la rénovation d’unités plus anciennes comme prétexte pour se débarrasser de locataires, dans l’espoir de louer ensuite plus cher.

La plupart des logements locatifs du pays ont été construits dans les années 1970 et 1980 et sont généralement moins chers que les appartements ou les condos plus récents. La stratégie nationale du logement offre de l’argent pour la construction de nouveaux logements privés et la rénovation de logements appartenant en grande partie à des organisations à but non lucratif. Les logements plus anciens et moins chers appartenant à des propriétaires privés sont laissés de côté, ont indiqué les militants.

Mais la FCM estime que les allègements fiscaux et financiers devraient être assortis de conditions, de sorte que les loyers n’augmenteront pas au-delà de ce qui est autorisé, ou du taux d’inflation, pendant au moins 20 ans.

L’un des éléments les plus modestes — coûtant 20 millions supplémentaires par an — ferait en sorte que le prochain gouvernement laisserait les Villes identifier les terrains fédéraux excédentaires qui pourraient être aménagés, au lieu de laisser chaque ministère examiner ses propres avoirs, un processus plus fastidieux.