(Ottawa) Mark Norman quitte les Forces armées canadiennes. Le ministère de la Défense a annoncé jeudi que le vice-amiral, qui a été au coeur d’une véritable saga politico-judiciaire pendant des mois, a choisi de prendre sa retraite.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Les discussions entre les avocats du gouvernement et ceux du vice-amiral ont eu pour résultat «une entente acceptable pour les deux parties, dont les détails demeureront confidentiels», a indiqué le ministère par voie de communiqué.

«Le gouvernement du Canada remercie le vice-amiral Norman de ses 38 années de service dévoué et lui souhaite bon succès dans tout ce qu’il entreprendra à l’avenir», lit-on dans la même déclaration.

L’officier supérieur des Forces armées canadiennes s’est retrouvé sous les projecteurs parce qu’il était soupçonné d’avoir divulgué des secrets d’État au chantier naval québécois Davie ainsi qu’à un journaliste dans le but d’influencer l’octroi d’un contrat de près de 700 millions.

L’affaire Mark Norman a pris une tournure inattendue en mai dernier lorsque la Couronne fédérale a décidé de suspendre l’accusation d’abus de confiance qui pesait contre le vice-amiral.

La procureure en chef du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), Barbara Mercier, avait alors expliqué devant la Cour de l’Ontario avoir reçu de nouvelles informations – fournies par les avocats de M. Norman en mars dernier – qui offraient «un contexte plus détaillé» du dossier.

À la lumière de ces renseignements, dont la Couronne ignorait l’existence, le SPPC a conclu qu’il ne serait pas en mesure de prouver hors de tout doute raisonnable que la conduite du vice-amiral «constituait un écart grave et marqué par rapport aux normes attendues d’une personne en situation de confiance».

La décision de la Couronne fédérale a ainsi mis fin à une affaire éminemment politique, qui risquait d’être un boulet pour les libéraux, car le procès de M. Norman devait commencer en août, à la veille du déclenchement de la campagne électorale.

L’affaire Norman a plongé le gouvernement Trudeau dans l’embarras, alors que la tempête SNC-Lavalin venait tout juste de se dissiper. Les conservateurs y ont en effet vu une nouvelle preuve d’ingérence politique de la part des libéraux. L’opposition avait fait adopter une motion unanime pour que la Chambre s’excuse au vice-amiral Norman.  

Lors d’une conférence de presse organisée après l’annonce de la suspension de l’accusation le 8 mai dernier, le principal intéressé avait affirmé souhaiter le plus rapidement possible ses fonctions. Le chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance, avait alors signalé par voie de communiqué que M. Norman pourrait réintégrer l’armée.