Après des mois de frictions entre l'Unité permanente de lutte à la corruption et la Sûreté du Québec, les deux groupes ont tenté de trouver un modus vivendi à la suite de l'ultimatum que leur a lancé le ministre de la Sécurité publique.

Denis Lessard LA PRESSE

Stéphane Bergeron a réclamé la semaine dernière que tous les corps policiers chargés de combattre la corruption colalborent davantage.

Issu de la Sûreté du Québec, l'inspecteur Louis Vincent deviendra le grand responsable des opérations de l'UPAC. L'organisation demeure sous la direction de Robert Lafrenière, ancien sous-ministre à la Sécurité publique.

M. Lafrenière s'était adjoint Gilles Martin aux opérations, issu de la fonction publique comme lui. Cet ancien policier était sous-ministre aux Services correctionnels, sous la responsabilité directe de M. Lafrenière.

La semaine dernière, le ministre Bergeron a demandé aux organismes de s'entendre jusqu'aux «plus hautes sphères» pour travailler en collaboration. Dans les dernières semaines, l'escouade Marteau, qui relève de la SQ mais qui travaille sous l'autorité de l'UPAC, a multiplié les interventions sans nécessairement mettre dans le coup l'escouade contre le crime organisé.

«La Sûreté du Québec va intensifier la lutte contre la corruption. On veut redéfinir la relation entre les deux groupes, la resserrer», a expliqué le lieutenant Guy Lapointe, de la SQ, confirmant le changement de responsable des opérations à l'UPAC.

M. Vincent est manifestement l'homme du nouveau patron de la SQ, Mario Laprise.

Les deux ont travaillé ensemble à l'opération Carcajou, dans les années 90. M. Laprise était alors responsable de cette opération, qui a mobilisé plusieurs corps policiers.

Louis Vincent, qui était jusqu'ici directeur adjoint des enquêtes criminelles de la SQ, sera «prêté» à l'UPAC comme «directeur des opérations», a précisé le lieutenant Lapointe.