Une mère guinéenne et ses cinq enfants de 8 à 20 ans pourront rester à Montréal et ne seront pas expulsés vers l'Afrique, a appris La Presse. Le ministère de l'Immigration a accepté leur demande de résidence permanente pour des motifs humanitaires.

Publié le 19 oct. 2012
Hugo de Grandpré LA PRESSE

Les membres de la famille Keita Mansaré avaient évoqué les risques de mariage forcé et d'excision que courraient deux des enfants si elles étaient forcées de retourner en Guinée. Ils faisaient aussi valoir que l'une de ces filles, atteinte de l'hyperthyroïdie, ne pourrait obtenir les traitements nécessaires pour lutter contre la maladie, la mettant en danger de mort.

Entre la détention et les nombreuses expulsions annulées à la toute dernière minute, les Keita Mansaré vivaient dans l'incertitude depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Leur situation et les nombreux reportages médiatiques réalisés à ce sujet avaient soulevé un élan de sympathie et d'indignation au sein de la population et d'une partie de la classe politique. 

L'attitude du ministère de l'Immigration avait été sévèrement dénoncée dans ce dossier. En avril, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, était intervenu et avait utilisé ses pouvoirs discrétionnaires pour suspendre temporairement l'ordre d'expulsion.

«On est vraiment, vraiment soulagés. J'ai parlé avec la maman tantôt et vraiment, elle souriait comme un petit bébé», a commenté l'avocat de la famille, Salif Sangaré.

«C'est une décision qui vient à point.»

Grâce à cette décision, a indiqué Me Sangaré, la famille pourra cesser de vivre dans la peur et se bâtir une existence sur des bases plus sûres. Certains membres de la famille pourront entre autres travailler sans obtenir de permis et éventuellement faire leurdemande de citoyenneté canadienne.

«Madame salue tout le monde, toutes les personnes de bonne volonté qui l'ont appuyée d'une façon ou d'une autre», a lancé l'avocat.

Les Keita Mansaré étaient arrivés au pays en 2007 comme demandeurs d'asile. Jugée peu crédible, leur demande avait été rejetée. Pour tenter d'empêcher leur expulsion, Me Sangaré avait présenté deux requêtes: une pour motifs humanitaires, concernant la maladie de l'une des filles, et l'autre, pour que les risques de renvoi soient à nouveau examinés.

«Les deux demandes ont été acceptées!» s'est réjoui Salif Sangaré.

Citant des motifs de vie privée, le ministère de l'Immigration n'avait pas été en mesure de répondre à nos questions au moment d'écrire ces lignes.