La ministre canadienne du Revenu, Gail Shea, a déclaré hier en Chambre qu'elle prend «très au sérieux» la tentative d'une entreprise de Tony Accurso de démasquer l'une des sources de l'émission Enquête sur l'industrie de la construction.

Mis à jour le 17 févr. 2012
Vincent Larouche LA PRESSE

Rappelons que dans le cadre d'une poursuite pour faire déclarer Radio-Canada coupable d'outrage au tribunal, l'entreprise Louisbourg a demandé à connaître l'identité de la source confidentielle qui a fourni un document fiscal à l'animateur Alain Gravel.

Le document est une dénonciation de Revenu Québec visant à obtenir la preuve amassée par l'Agence du revenu du Canada sur les entreprises de Tony Accurso. Il a été placé sous scellé par un juge par souci de confidentialité. Mais Alain Gravel affirme avoir préalablement obtenu le document qui montre que Revenu Québec pourrait impliquer personnellement Tony Accurso dans des fraudes fiscales.

Hier, le juge Jean-Pierre Senécal a affirmé qu'il ne tranchera pas tout de suite la question. Il a toutefois annoncé d'emblée qu'il est très peu probable qu'il force le journaliste à dévoiler sa source.

Les débats se poursuivront en cour aujourd'hui sur la question de l'outrage au tribunal.

Protéger «l'intérêt public»

À la Chambre des communes, le Nouveau Parti démocratique s'est inquiété de cette chasse à la source journalistique.

«La confidentialité des sources des journalistes nous a permis de révéler de nombreux scandales, dont celui des commandites. Or, voilà que les avocats de Tony Accurso veulent forcer le journaliste de l'émission Enquête à révéler l'identité de sa source qui a permis de mettre à jour d'importants cas de fraude fiscale», a déclaré le député de Rivière-du-Nord, Pierre Dionne Labelle.

Le député a demandé si le gouvernement est prêt à légiférer pour protéger les sources des journalistes «dans l'intérêt public».

«Nous prenons ce sujet très au sérieux et nous ne pouvons tolérer le type d'activités qui sont alléguées. Il y a actuellement une enquête de la GRC sur cette affaire, donc je ne peux faire davantage de commentaires», a répondu la ministre Gail Shea.