Incertitude, désarroi, cri d'alarme: le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse, ne fait pas dans la dentelle lorsque vient le temps de qualifier l'état d'esprit des producteurs agricoles de la province.

LA PRESSE CANADIENNE

À quelques jours de l'ouverture du congrès annuel de l'UPA, qui se tiendra à Québec à partir de mardi, M. Lacasse dit espérer que le ministre de l'Agriculture du Québec viendra donner un regain d'espoir à ses membres.

L'UPA souhaite ardemment que le ministre Laurent Lessard annonce l'abandon de la mesure de resserrement du Programme d'assurance-stabilisation des revenus agricoles prévue pour 2011.

En mars dernier, la Financière agricole du Québec avait annoncé que le quart des fermes moins performantes seraient soustraites de la formule de calcul des coûts de production. Cette mesure représente des compressions de 85 millions de dollars.

Selon Christian Lacasse, cette mesure signifie que les producteurs devront assumer des pertes financières beaucoup plus importantes avant que le programme d'assurance puisse leur venir en aide.

Le congrès général de l'UPA sera également l'occasion de débattre des enjeux chers aux producteurs relativement à l'adoption d'une politique agricole pour le Québec.

Promise par Claude Béchard alors qu'il était à la tête du ministère de l'Agriculture, la politique agricole devrait être déposée à l'Assemblée nationale cet automne par le ministre Laurent Lessard.

Or, les membres de l'UPA craignent que cette politique n'ouvre la porte aux ententes de gré à gré entre les agriculteurs et leurs clients, au détriment des outils collectifs qu'ils ont mis en place.

Selon Christian Lacasse, ces outils permettent aux producteurs de négocier sur un pied d'égalité avec les acheteurs et les distributeurs.

Quant aux moyens de pression mis en place par l'UPA, il y a tout lieu de croire qu'ils demeureront en place tant que les producteurs ne recevront pas d'engagements clairs de la part du gouvernement. Les producteurs ont convenu de bloquer l'accès à leurs terres aux motoneigistes, cet hiver.