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Le baron est déçu de ne pas incarner Montcalm

Georges Savarin de Marestan... (Photo: Archives PC)

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Georges Savarin de Marestan

Photo: Archives PC

Katia Gagnon
La Presse

M. le baron est au volant de sa voiture sur une autoroute française. Malgré l'interdiction de se servir d'un cellulaire au volant, il cause au téléphone. C'est que l'heure est grave: la reconstitution historique à laquelle il devait participer au Québec a été abruptement annulée cette semaine. Georges Savarin de Marestan ne pourra donc pas incarner son illustre ancêtre, le marquis Louis de Montcalm, sur les plaines d'Abraham cet été.

«Je suis un petit peu déçu, confie-t-il à son interlocutrice québécoise. Je voyais ça comme un hommage aux combattants qui se sont battus pour essayer de conserver cette terre. Ces gens qui ont fait que vous et moi, aujourd'hui, nous pouvons encore nous entretenir en français.»

 

Le baron est-il surpris de la polémique qu'a engendrée au Québec la reconstitution de la défaite de son ancêtre? Pas vraiment. En fait, il comprend. «Les gens, en France, ne saisissent pas les passions que ça soulève encore chez vous. Quand on va chez vous, qu'on parle avec les gens, on dirait que cette bataille s'est déroulée il y a trois semaines.»

Cette semaine, le président de la Commission des champs de bataille nationaux, André Juneau, a finalement rendu les armes. «Pour des questions de sécurité», la reconstitution prévue pour juillet prochain a été annulée. «On ne voulait pas organiser une bataille au poivre de Cayenne», a résumé M. Juneau. Depuis son annonce, ce projet avait suscité une controverse qui refusait de s'éteindre.

Des groupes souverainistes promettaient de se rendre sur les lieux pour protester, certains de façon plus virulente que d'autres. «On va leur en faire une célébration, on va en organiser une. Tu vas voir qu'il y en a qui vont se faire brasser le cul», avait notamment déclaré le cinéaste Pierre Falardeau.

Le coloré cinéaste aurait-il vraiment «brassé» le descendant du marquis de Montcalm? L'affrontement aurait certainement été spectaculaire. Un vrai sujet de film.

En fait, Georges Savarin de Marestan n'est pas un descendant direct du marquis de Montcalm, dont la lignée s'est interrompue puisque son petit-fils n'a jamais eu d'enfant. Il est le descendant de la soeur du marquis. Toute sa vie, il a été fonctionnaire au ministère de l'Emploi. Depuis peu, il est à la retraite et se consacre à ses deux passions: donner des cours d'équitation et participer à des reconstitutions de batailles historiques.

M. de Marestan a ainsi incarné Montcalm à plusieurs reprises, notamment dans la célèbre bataille de Carillon, qui attire chaque année des milliers de «reconstituteurs». «L'an dernier, il y a eu 4000 figurants en costume», note-t-il.

Sa résidence principale est à Perpignan, mais il occupe toujours le château de Saint-Véran, qui date du Moyen-Âge, celui-là même qui était la propriété de Montcalm. Son donjon, rénové par les Marestan, domine la vallée de la Dourbie. «Nous y allons pour les vacances et les week-ends», dit-il. Le baron, donc, demeurera tranquillement à Saint-Véran l'été prochain plutôt que de débarquer à Québec.

Horst Dresler aussi restera chez lui. Cet Américain, spécialiste des reconstitutions historiques, était le maître d'oeuvre de la reconstitution de la bataille des Plaines. Il est encore sonné par la force de la controverse qu'a provoquée son projet. «Tout ce que nous voulions faire, c'était une activité éducative. Toute cette polémique nous a pris totalement de court», dit-il.

Plus de 2000 personnes étaient inscrites pour participer à la reconstitution et 200 000 touristes étaient prêts à se déverser dans les rues de Québec pour y assister. «On leur a expliqué que c'était annulé pour des raisons de sécurité. Que si quelque chose allait de travers, ce serait notre responsabilité. Disons que les gens ont été assez surpris», raconte-t-il.

M. Dresler organise des reconstitutions historiques depuis 25 ans, partout au Canada et aux États-Unis. «C'est la première fois qu'une de nos activités est annulée.» M. Dresler laissera donc au placard son costume d'époque de général britannique: c'est lui, en effet, qui aurait incarné à Québec le méchant en chef pour les souverainistes, le général James Wolfe.

 




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