Même si certaines de ses images «suggèrent de la sexualité», Rémy Couture assure qu'il ne fait pas de pornographie. «Ce n'est pas pour exciter, c'est pour dégoûter. Je ne suis pas un pornographe.»

Christiane Desjardins LA PRESSE

C'est ce que M. Couture a martelé mardi matin à son procès, alors qu'il était contre-interrogé par le procureur de la Couronne Michel Pennou. L'oeuvre de M. Couture, publiée de 2005 à 2009 sur son site internet appelé InnerDepravity, lui a valu des accusations de corruption de moeurs ainsi que de fabrication et de distribution de matériel obscène. M. Couture s'inspire beaucoup de tueurs en série. Il a notamment voulu montrer «un faux journal visuel d'un tueur en série».

Témoignant pour sa défense, M. Couture a expliqué qu'il avait été attiré par l'art dès sa jeunesse. Après avoir peint «des dauphins et des Calinours», il s'est orienté vers l'horreur. Autodidacte, il a peaufiné sa technique en côtoyant des gens expérimentés. De fil en aiguille, il a aussi été appelé à travailler à des productions de grande envergure. C'est pour se monter un portfolio et présenter son travail qu'il a ouvert le site internet InnerDepravity, en 2006.  Cela lui a apporté des contrats. Il est notamment allé travailler en Hongrie pour maquiller un groupe de musique hard rock. Il a pris l'avion avec son attirail, dont des têtes et des bras, et n'a pas été inquiété.

Il a aussi obtenu un contrat du syndicat des agents correctionnels, qui voulait recréer le monde carcéral pour un tournage visant à faire de la formation. M. Couture a recréé des fluides corporels, une oreille arrachée pendant une émeute, mis en scène un agent correctionnel éclaboussé par le sang d'une détenue qui s'ouvre les veines... Il est aussi allé parler de son travail dans une école.

Le procès devant jury se poursuit mardi après-midi.