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Noël sans Ariel, toujours porté disparu

Photo fournie par la famille... (Ariel Kouakou, photographié en décembre 2017)

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Photo fournie par la famille

Ariel Kouakou, photographié en décembre 2017

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MARIE-EVE MORASSE 
La Presse

L'an dernier à pareille date, Ariel Kouakou posait fièrement chez lui devant des décorations de Noël, vêtu d'une chemise blanche immaculée assortie d'un noeud papillon flamboyant. La maison des Kouakou a beau avoir revêtu ses ornements cette année, l'absence d'Ariel se fait cruellement sentir. Et la photo est devenue celle d'un garçon qui demeure introuvable presque 10 mois après sa disparition.

Kouadio Frederic Kouakou hésite à nous accorder une entrevue. L'enquête policière sur la disparition de son fils ne semble pas avoir bougé d'un iota depuis des mois et il craint que sans élément nouveau, son témoignage ne soit « vide de sens ».

Pourtant, la disparition du jeune garçon dans le quartier Ahuntsic-Cartierville en mars dernier, les vaines recherches qui ont suivi pour le retrouver et la peine vécue par sa famille ont fait chavirer bien des coeurs dans la province.

Ce sont autant de gens qui n'ont pas oublié Ariel, comme en témoignent les mots d'empathie que reçoivent les Kouakou, en personne ou par écrit.

« Lorsque nous sortons à deux [avec sa femme], c'est plus palpable, dit Kouadio Frederic Kouakou, ému. Les gens nous reconnaissent. Les Québécois ont démontré à la face du monde que c'est un peuple qui est fort dans la douleur, généreux et solidaire. »

Solidaire d'une famille qui cherche toujours son Ariel qui, selon la thèse privilégiée par la police, aurait été victime d'un accident, probablement une chute accidentelle dans la rivière des Prairies. Une famille qui refuse de croire qu'Ariel est mort et qui a même lancé l'été dernier un appel au possible ravisseur de l'enfant en lui offrant d'emblée son pardon.

« On a éliminé la mort, on est avec la vie », dit le père d'Ariel. Adhérer à la thèse de la noyade, ce serait admettre qu'Ariel ne rentrera pas.

Il est attendu plus que jamais. La veille de Noël, les parents d'Ariel ont posé un cadeau au pied du sapin pour lui. « On a voulu garder les mêmes habitudes, les mêmes décorations », dit son père.

« On ne peut pas parler d'Ariel au passé, on ne peut pas faire des choses comme si sa place n'est pas là. Il y a la petite aussi, on ne veut pas la priver de Noël... » - Kouadio Frederic Kouakou, père d'Ariel

Ariel a deux grands frères et une petite soeur qui, bien que consciente qu'un de ses frères n'est plus à la maison, ne vit pas aussi intensément son absence, explique Kouadio Frederic Kouakou.

« Je n'ai pas de solution »

Au temps des Fêtes qui ravive un peu plus la douleur s'ajoute l'anniversaire d'Ariel, qui aura 11 ans le 2 janvier. « C'est autant d'émotions, d'éléments forts qui sont difficiles à supporter. On fait avec », dit M. Kouakou.

L'homme, qui est enseignant, n'est pas retourné au travail depuis la disparition de son fils. C'est autant pour lui que pour les enfants de l'école, explique-t-il. À la fin de la dernière année scolaire, il a tenu à aller saluer ses élèves. « J'ai été assailli de questions auxquelles je n'ai pas de réponses », dit-il. À quelques reprises, il a « craqué » en allant déposer sa fille à l'école, que fréquentait aussi Ariel.

La famille trouve du réconfort dans la foi, le fait d'être ensemble. « Le matin du 24 décembre, quand on a déposé les cadeaux des enfants avant de dormir, je leur ai longuement parlé. Le 25 aussi », dit le père de famille.

« Je n'ai pas de solution, mais ce que je peux faire, c'est rassurer [les enfants], leur dire que moi je ne lâche pas, je suis là. » - Kouadio Frederic Kouakou, père d'Ariel

Et il y a l'espoir, intarissable malgré les mois qui s'égrènent sans apporter de réponse. Sous un sapin dans une maison de Montréal, une console de jeux vidéo convoitée par tant d'enfants de 10 ans attend encore son propriétaire, trois jours après Noël. « C'est un très beau cadeau », chuchote presque Kouadio Frederic Kouakou.

***

L'enquête au même point

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme que toutes les informations reçues concernant la disparition d'Ariel Jeffrey Kouakou sont vérifiées, mais que la thèse de l'accident est toujours privilégiée. La Division des crimes majeurs du SPVM mène toujours l'enquête. L'enfant aurait été aperçu pour la dernière fois dans le parc des Bateliers d'Ahuntsic, situé aux abords de la rivière des Prairies. Il avait quitté le domicile familial pour se rendre chez un ami. Ariel Jeffrey Kouakou mesure 1,40 m (environ 4 pi 8 po), pèse 40 kg (environ 90 lb), il a la peau noire, les yeux noirs et les cheveux noirs, et il s'exprime en français. Au moment de sa disparition, il portait un manteau noir avec un capuchon, un pantalon gris et des souliers jaunes.

Toute information peut être transmise de façon anonyme à Info-Crime Montréal, au 514 393-1133.




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