Les voisins d’une garderie désaffectée criblée de balles en fin d’après-midi mardi à Rivière-des-Prairies s’inquiètent de voir leur quartier devenir la scène de plus en plus d’incidents du genre.

Publié le 25 mai
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

Mercredi, les impacts de tirs étaient encore bien visibles dans la vitrine de la Garderie éducative Bambino II, sur le boulevard André Ampère. La tranquillité du quartier tranchait avec la scène de violence de la veille.

En fin d’après-midi, vers 17 h 30, les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été appelés à se rendre sur les lieux après avoir alertés par le biais du 9-1-1 de coups de feu tirés dans le secteur.

« Sur place, les policiers localisent des douilles au sol et des impacts sur un véhicule et une vitrine de commerce », a précisé la porte-parole du SPVM, Caroline Chevrefils, mercredi, ajoutant qu’aucun suspect n’avait encore été appréhendé. L’évènement n’a fait aucune victime.

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Les impacts de balles étaient encore bien visibles sur la devanture du commerce désaffectée mardi.

À côté d’enfants

Or, si la Garderie éducative Bambino II était vide au moment des tirs, une autre appartenant à la même propriétaire et située à un jet de pierre était encore bondée d’enfants.

« Les enfants étaient dehors, ils jouaient », raconte le propriétaire de l’épicerie voisine, Joe Bertin. « Je ne pensais même pas que c’était des coups de feu, j’ai cru que c’était des pétards », ajoute-t-il en précisant avoir rapidement compris l’ampleur de l’affaire à l’arrivée de « 3 ou 4 voitures de police ».

Croisée dans la rue, la propriétaire des deux garderies a décliné la demande d’entrevue de La Presse.

6 ou 7 coups

Caroline Courtemanche se trouvait dans le salon de son appartement situé juste à côté des lieux. « Ma plus jeune s’est crissé dans la fenêtre en entendant ça. Tout de suite je l’ai pogné pour la faire reculer en lui disant : voyons, qu’est-ce que tu fais là », lance-t-elle.

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Caroline Courtemanche réside à Rivière-des-Prairies depuis 40 ans. Elle dit constater une augmentation des épisodes de coups de feu depuis une dizaine d’années.

Elle raconte avoir entendu 6 ou 7 détonations en tout, puis avoir vu deux voitures sport, une noire et une blanche, quitter les lieux sur les chapeaux de roues.

« Ce n’est pas que ça ne m’inquiète pas, mais à Montréal asteure, c’est partout », dit la mère de deux filles qui habite Rivière-des-Prairies depuis 40 ans et constater une augmentation des épisodes de coups de feu ces dernières années.

« Un gros stress »

« Mes enfants étaient à la maison, merci au bon Dieu, souffle sa voisine, Sabrina. Quand je rentre de travailler à minuit le soir, ça me donne un gros stress de passer à côté de ça ».

Des témoins rencontrés par La Presse ont encore en mémoire une fusillade survenue l’an dernier à quelques coins de rues de là, sur le boulevard Perras, qui avait fait trois morts et deux blessés.

Voisin de la scène depuis 35 ans, Claude Pottier juge aujourd’hui qu’il ne s’agit plus d’un « bon secteur ». « Ça ne tire pas souvent, mais il y a du mouvement », dit-il en ajoutant trouver la situation « inquiétante ».