Le procès de la belle-mère de la fillette de Granby, accusée de meurtre au deuxième degré et de séquestration, tire à sa fin. L’avocat de la défense a annoncé jeudi matin que sa preuve était close.

Publié le 2 déc. 2021
Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Les plaidoiries commenceront lundi. MAlexandre Biron, l’avocat de l’accusée, a signifié qu’il aurait besoin d’une journée entière pour tenter de convaincre le jury de déclarer sa cliente non coupable. Le tour de MJean-Sébastien Bussières, le procureur de la Couronne, viendra ensuite mardi.

« Ce qui fait en sorte que mercredi prochain, selon toute vraisemblance, je devrais pouvoir m’adresser à vous avec les directives finales », a annoncé le juge Louis Dionne aux jurés. Il les a prévenus de préparer leur valise en vue des délibérations qui débuteront en huis clos, mercredi ou jeudi matin.

Avant cette étape, un tirage au sort devra avoir lieu. Des 14 jurés, seulement 12 vont participer aux délibérations.

Depuis le 18 octobre, la Couronne a fait entendre 21 témoins, dont des premiers répondants, des enquêteurs et des pathologistes. Le fils de l’accusée a également livré un témoignage fort en émotions, par visioconférence. Des photos de la fillette inanimée et amaigrie ont été présentées au jury. Les textos que l’accusée a envoyés à un certain « Casablanca », le matin du drame, ont aussi été soumis en preuve.

En défense, l’accusée a elle-même rendu un témoignage entrecoupé de sanglots. Elle a admis avoir ajouté « peut-être une dizaine de tours » de ruban adhésif autour de la petite victime le matin de sa mort. Ce n’est toutefois pas elle qui a commencé la contention pendant la nuit, a-t-elle plaidé.

Un expert en polymère et une consultante en pathologie ont aussi témoigné pour la défense. Le contre-interrogatoire de ce troisième témoin, Anny Sauvageau, s’est d’ailleurs achevé jeudi midi.

Mme Sauvageau a jugé « très peu probable » que l’enfant soit morte parce que du ruban adhésif couvrait son nez et sa bouche. Elle a plutôt avancé que la fillette est morte d’hyperthermie et d’asphyxie mécanique. La victime n’arrivait plus à évacuer sa chaleur sous une chemise et plusieurs couches de ruban adhésif. Aussi, elle ne pouvait plus pratiquer ses mouvements respiratoires correctement à cause du « tape serré », a expliqué Mme Sauvageau.

La pathologiste judiciaire, invitée à témoigner par la Couronne, a plutôt conclu que l’enfant est morte de suffocation externe parce que son nez et sa bouche étaient couverts de ruban adhésif.