« Mon père a été tué ! », hurlait Kayshawn Olivier au milieu des voitures de police en pointant d’un doigt revendicateur les quatre agents postés devant la maison de sa grand-mère.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

L’homme de 18 ans se trouvait à Montréal chez sa mère quand il a reconnu le domicile à la télévision.

Il n’habitait plus là depuis un moment et ne voyait pas souvent son père, un homme noir dans la fin de la trentaine.

Il a déjà fait des séjours à l’hôpital pour de l’anxiété. Mais je n’en sais pas plus.

Kayshawn Olivier, fils de la victime

Secoué par la mort de son père, le jeune homme au regard furieux était surtout en quête de réponses dimanche après-midi. « Je dois savoir ce qui s’est passé. » Après une conversation animée avec les policiers, ces derniers le laissent entrer dans la demeure.

« Il est sous le choc. Je ne savais pas trop quoi lui dire, je l’ai conduit ici », explique son cousin Anthony Joseph, visiblement triste. Il lâche un long soupir en regardant les dizaines de textos qui font vibrer son cellulaire.

Possession d’un couteau

Les policiers ont été avisés vers 7 h 30 qu’une « personne confuse et désorganisée armée d’un couteau » se trouvait à l’angle des rues Cousineau et de Niagara, un coin résidentiel tranquille de Repentigny. Sur place, ils localisent à l’extérieur un homme de 38 ans « accompagné d’un autre individu », explique le BEI sans aucune autre précision. On ignore pour le moment s’il s’agissait d’un membre de la famille ou d’un voisin.

Réveil brutal pour les résidants du quartier paisible, qui observent la scène avec intensité. « Il se passe tellement jamais rien. Je pensais que c’était un tournage de film quand j’ai vu les rubans qui bloquent l’accès à la rue », s’exclame un homme, les bras croisés. L’air ahuri, il montre du doigt des traces de sang dans le stationnement d’une coquette maison de briques.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Angle des rues Cousineau et de Niagara, à Repentigny

C’est l’endroit où l’homme a été abattu. « Les policiers auraient tenté de verbaliser avec le sujet qui aurait pris la fuite à pied. Ce dernier aurait eu en sa possession un couteau et se serait montré menaçant envers les policiers », explique le BEI par communiqué.

Les policiers auraient fait usage du gaz poivre pour le maîtriser, sans succès.

Ils auraient ensuite tiré plusieurs coups de feu en sa direction et l’ont atteint mortellement.

Une intervention d’« au moins 20 minutes »

Des policiers, accompagnés par des ambulanciers, ont tenté pendant « au moins 20 minutes » de maîtriser l’homme, ont raconté deux voisins témoins des évènements. « L’homme avait un couteau. Il n’a pas dit un mot de toute l’intervention, comme s’il était un peu ailleurs », explique l’un d’eux, qui a requis l’anonymat, car il ne souhaite pas être identifié par la famille du défunt.

Son voisin acquiesce. « Les policiers lui disaient de lâcher le couteau, lui répétaient qu’ils allaient l’aider. »

Selon ce témoin, l’homme aurait fait mine de déposer son arme, mais s’est plutôt faufilé derrière une haie située à deux maisons de la sienne, dans la rue de Niagara. Les policiers ont averti l’homme avant de faire feu. « C’est à ce moment qu’ils ont tiré. Deux coups de feu et c’était fini. »

Au passage de La Presse, les six enquêteurs du BEI étaient déjà sur place pour déterminer si les informations transmises par le corps de police repentignois sont exactes.

Le BEI demande à quiconque aurait été témoin de cet évènement de communiquer avec lui par son site web au www.bei.gouv.qc.ca.