Ali Ngarukiye, l’homme accusé d’avoir agressé le policier Sanjay Vig à Parc-Extension cet hiver, puis d’avoir tué son compagnon de cellule le mois dernier, sera évalué par un psychiatre afin de déterminer s’il peut être tenu criminellement responsable de ses actes. Il quittera donc temporairement la prison, où il a été soumis récemment à des mesures de sécurité exceptionnelles, a appris La Presse.

Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse
Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

L’avocat d’Ali Ngarukiye, MLloyd Fischler, et la procureure de la Couronne Katerine Brabant ont présenté une demande conjointe devant la cour mercredi afin que l’accusé soit évalué à l’Institut national de psychiatre légale Philippe-Pinel pendant 30 jours. Le but est de déterminer son état mental au moment de l’agression contre le policier et de la mort de son codétenu.

Ali Ngarukiye a déjà séjourné à l’Institut le mois dernier, parce que le personnel de la prison craignait qu’il ne représente un risque pour lui-même. Son avocat et la procureure de la Couronne ont toutefois demandé que l’évaluation de son état mental au moment des faits qui lui sont reprochés soit faite par un psychiatre qui n’est pas déjà son médecin traitant.

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Ali Ngarukiye

« Quelqu’un qui est neutre », a expliqué MFischler.

« Je crois qu’ils le sont tous », a répondu la juge Joëlle Roy.

« Juste pour être sûrs », a renchéri la procureure, MBrabant. La juge a acquiescé à la demande. La femme de l’accusé était présente dans la salle pour le soutenir.

Une source bien au fait du dossier a confié à La Presse en marge de l’audience qu’après la mort de son compagnon de cellule dans des conditions particulièrement violentes, Ali Ngarukiye a été encadré par des mesures de sécurité draconiennes à la prison de Rivière-des-Prairies. Des mesures réservées aux détenus qui présentent un haut risque d’agression contre les autres personnes incarcérées et le personnel de la prison.

Il doit toujours être seul en cellule, pour éviter de mettre d’autres détenus en danger. S’il doit être déplacé, il doit toujours être menotté dans le dos et encadré par trois agents correctionnels, dont un qui se prépare à déployer du gaz poivré. Avant que la porte de sa cellule soit ouverte, il doit se mettre à genoux, les mains dans le dos, pour faciliter la pose des menottes.

L’enquête indépendante prendra plus de temps

Ali Ngarukiye avait été arrêté à Toronto le 26 mars en lien avec l’agression de l’agent du SPVM Sanjay Vig, survenue à Montréal le 28 janvier. La police avait notamment obtenu son ADN comme élément de preuve le reliant à l’agression. C’est dans cette affaire que les policiers avaient arrêté par erreur Mamadi III Fara Camara, victime d’une erreur sur la personne et libéré six jours plus tard. M. Camara poursuit maintenant le SPVM au civil pour obtenir réparation.

Québec a demandé au juge Louis Dionne de mener une enquête indépendante sur les circonstances qui ont mené à l’arrestation de la mauvaise personne dans cette affaire. Selon les renseignements dont dispose La Presse, le magistrat a demandé récemment un délai supplémentaire pour terminer son travail.