Un adolescent noir immobilisé au sol par un policier, genou sur le cou, le 10 juin dernier. Les images de cette intervention musclée du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont fait le tour des réseaux sociaux. Près d’un mois plus tard, l’opération policière est toujours dénoncée par Marjorie Villefranche et Andrés Fontecilla, de Québec solidaire.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

La police de Montréal avait été appelée à l’école secondaire Georges-Vanier pour une dispute impliquant une quinzaine de jeunes. Deux adolescents, dont un jeune Noir de 14 ans, avaient tenté de quitter la scène avant d’être maîtrisés par la police.

« C’est inacceptable d’avoir une telle force d’intervention envers un gamin. Je ne comprends pas comment un policier peut penser que mettre son genou sur un jeune pour l’étouffer, c’est correct », s’est indignée Marjorie Villefranche, présidente de la Maison d’Haïti.

Selon elle, il s’agit d’une politique d’intimidation de la jeunesse racisée qui creuse le fossé de la méfiance envers les autorités.

Mme Villefranche était accompagnée du député de Québec solidaire Andrés Fontecilla. « [Cette intervention] ne se serait pas produite à Westmount ou à Outremont, avec des jeunes blancs. » Le représentant de Laurier-Dorion invite la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault et son collègue responsable de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette, à instaurer une politique claire d’intervention basée sur la médiation. L’intervention sociale est préférable à la criminalisation des jeunes Noirs, pense le politicien.

Les deux adolescents de 14 ans – élèves de l’école Louis-Joseph-Papineau – étaient en uniforme lors de l’altercation.

Les deux jeunes ont grandi dans le quartier Saint-Michel. Mme Villefranche les connaît depuis leur enfance, puisqu’ils fréquentaient la Maison d’Haïti avec leur famille. « Je leur ai parlé pas plus tard qu’hier. Cette intervention brutale, c’est un traumatisme pour eux », explique-t-elle.

La famille de l’adolescent compte poursuivre la Ville de Montréal, avait mentionné en juin dernier leur avocat, MFernando Belton.

Cette sortie du député solidaire et de Mme Villefranche survient alors que la mairesse de Montréal Valérie Plante promet le port de caméras corporelles au début de 2022 pour les 5000 policiers du SPVM.