La police de Montréal a annoncé mardi une importante saisie de diverses drogues de synthèses et opiacés évaluée à 2,5 millions de dollars sur le marché noir, pendant que sur la Rive-Sud, de nouvelles frappes antidrogue ont été menées dans plusieurs municipalités.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

La première opération, celle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), s’est déroulée dans l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, plus tôt ce mois-ci. Selon un communiqué émis mardi, l’enquête a permis de saisir « 165 000 comprimés de Xanax, 29 000 comprimés de méthamphétamine, 1 kg de métonitazène, ainsi que diverses quantités de cocaïne, Ativan, Diazépam, amphétamines, isotonitazène, MDMA et méthamphétamine en cristaux ».

Le total atteint 2,5 millions. Un pistolet de calibre.45 a aussi été trouvé sur les lieux par les enquêteurs de la Section du crime organisé et Stupéfiants, ainsi qu’une somme en argent comptant surpassant les 100 000 $.

Au-delà du caractère imposant de l’opération, la saisie de métonitazène — un opiacé synthétique dont les effets sont considérés similaires au fentanyl ou l’héroïne – constitue « une première au Québec ». Le métonitazène aurait été détecté pour la première fois au pays en 2020.

Trois individus ont été arrêtés dans la foulée et deux ont déjà comparu au palais de justice de Montréal. Charles Laberge, 25 ans, ainsi que Michel Eustache, 56 ans, font face à divers chefs d’accusation en lien avec la possession et le trafic de drogues ou de bris d’ordonnances. Leurs dossiers doivent revenir à la Cour le 27 juillet prochain.

La police tient par ailleurs à profiter de l’occasion pour « rappeler à la population que des drogues telles que le métonitazène et le Xanax ont un potentiel de dépendance très élevé ». « Elles peuvent entraîner des surdoses accidentelles et leur usage est fortement déconseillé. La consommation de Xanax est particulièrement inquiétante, compte tenu de sa popularité chez les jeunes », préviennent les autorités.

Blitz antidrogue sur la Rive-Sud

Par ailleurs, une opération policière du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) visant à neutraliser les activités criminelles de trafiquants de stupéfiants de Montréal et de la Montérégie a permis mardi de saisir deux armes de poing, un kilogramme de cocaïne et 100 000 $ pilules de métamphétamine. Une somme de 15 000 $ a aussi été recueillie.

« Ce bilan sera évolutif et pourrait changer au courant des prochains jours, mais au total, on parle de cinq perquisitions qui ont été réalisées aujourd’hui », a indiqué un porte-parole du SPAL, Éric Courcy.

En tout, quelque 75 agents de police ont pris part à l’opération dans l’arrondissement de Saint-Hubert à Longueuil, mais aussi à Carignan et à Chambly.

Cette opération suivait trois autres perquisitions effectuées le 23 juin dernier, durant lesquelles on avait aussi procédé à des saisies. Le tout s’inscrit dans le projet Spectre amorcé en mars, à la suite d’une information du public concernant la « présence d’un réseau de trafiquants de cocaïne et de méthamphétamine œuvrant sur la Rive-Sud ».

Le SPAL s’attend à ce que ces perquisitions permettent éventuellement l’arrestation de suspects. Dans une vidéo qu’a diffusée le SPAL mardi sur les réseaux sociaux, on aperçoit notamment plusieurs agents entrer dans une résidence après avoir défoncé la porte d’entrée. Des agents du SPVM et de la Sûreté du Québec (SQ) participent aussi à ces perquisitions.

Toute personne détenant des informations pertinentes pouvant permettre aux enquêteurs du SPVM d’effectuer d’autres saisies est invitée à communiquer avec le centre Info-Crime Montréal, au 514-393-1133. Un traitement confidentiel pourra vous être assuré. La ligne Info-Azimut du SPAL demeure aussi disponible pour transmettre une information de façon anonyme, au 450-646-8500.