Ali Ngarukiye, cet homme qui doit être jugé pour avoir désarmé et agressé le policier Sanjay Vig à Parc-Extension l’hiver dernier, a été accusé vendredi d’avoir assassiné son compagnon de cellule à la prison de Rivière-des-Prairies.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse
Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

Selon nos informations, ce sont des agents correctionnels qui ont sonné l’alarme vers 6 h jeudi matin, dans le secteur sécuritaire S-2 de la prison, où les détenus sont généralement deux par cellule. Les agents ont découvert qu’il y avait beaucoup de sang dans la cellule d’Ali Ngarukiye. L’homme qui partageait sa cellule était mort et portait des marques de violence extrême à la tête.

« La victime, un homme dans la cinquantaine, a été découverte inanimée dans sa cellule par des agents correctionnels jeudi matin. Le décès a été constaté à l’Établissement Rivière-des-Prairies. Une autopsie judiciaire sera pratiquée », a décrit le lieutenant Benoit Richard de la Sûreté du Québec.

La victime a été identifiée comme étant André Lapierre, un homme qui était sous la supervision des autorités fédérales pour une affaire de vol qualifié et attendait d’être transféré dans un pénitencier. Selon nos sources, tout indique qu’il aurait été tué à mains nues, pour une raison qui n’est pas encore claire. Les policiers croient que le meurtre a eu lieu au milieu de la nuit, alors qu’il était réveillé.

Ali Ngarukiye, qui était enfermé seul dans la cellule avec la victime au moment du drame, a été arrêté peu après et accusé du crime. Ce sont les enquêteurs des Crimes contre la personne de la Sûreté du Québec qui mènent l’enquête.

Accusation d’outrage à un cadavre

M. Ngarukiye a comparu par visioconférence au palais de justice de Montréal à partir de la prison. Il fait face à des accusations de meurtre au deuxième degré et d’outrage à un cadavre. Depuis jeudi, il avait été placé en isolement à l’intérieur de l’établissement carcéral.

Encadré par trois agents correctionnels, il a demandé à la cour s’il pouvait s’adresser à sa famille, présente en personne au palais de justice. « Où est ma famille ? Je ne peux pas leur parler ? » a-t-il demandé en fronçant les sourcils pour scruter l’écran placé devant lui. Son avocat lui a demandé d’attendre une occasion d’appeler ses proches en privé. La cour a fixé la prochaine date d’audience au 21 juillet.

L’accusé, qui était auparavant représenté par la criminaliste Elfriede Duclervil, était représenté jeudi par un nouvel avocat, MLloyd Fischler. MFischler a déjà représenté un client qui était accusé d’avoir tiré sur un policier du SPVM sans l’atteindre par le passé.

Détenu depuis mars

C’est dans les heures qui ont suivi l’attaque contre le policier Sanjay Vig le 28 janvier que les policiers avaient arrêté, par erreur, Mamadi III Fara Camara. Celui-ci a été libéré six jours plus tard et a eu droit à des excuses du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Mamadi III Fara Camara venait d’être intercepté par le policier pour une infraction au Code de la sécurité routière dans le nord de la métropole lorsque le patrouilleur a été attaqué.

Le 26 mars, le SPVM avait annoncé l’arrestation à Toronto d’Ali Ngarukiye, qui avait comparu le jour même à Montréal. L’inspecteur David Shane avait expliqué que les enquêteurs avaient mis la main sur plusieurs éléments de preuve qui leur permettaient de confirmer qu’il s’agissait bien de l’agresseur du policier. « On est convaincus d’avoir le bon suspect », avait-il déclaré.

L’accusé était déjà connu des autorités pour des antécédents de fraude.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.