La Cour fédérale du Canada accepte d’entendre la cause de l’ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, qui conteste le refus des autorités canadiennes de lui accorder une autorisation de voyage vers le Canada.

Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

M. Puigdemont devait venir au Québec il y a deux ans pour parler du référendum de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne. Il avait été invité par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Comme le veut la norme pour les voyageurs européens, il avait seulement besoin d’une autorisation de voyage électronique (AVE) pour s’envoler pour le Canada. Les fonctionnaires fédéraux de l’immigration ont toutefois refusé de lui accorder cette autorisation parce qu’il faisait l’objet d’accusations criminelles en Espagne pour avoir participé au référendum catalan, déclaré illégal par Madrid. Un mandat d’arrestation à cet effet est toujours en vigueur dans son pays.

M. Puigdemont, qui est aujourd’hui membre du Parlement européen, vit en exil en Belgique. Il demande à la Cour fédérale de casser la décision des fonctionnaires qui lui ont refusé le document nécessaire à sa venue au Canada. Après avoir pris connaissance du dossier, un juge a accepté d’entendre la cause le 30 août prochain.

Décision « lourde de conséquences »

Son avocat, MStéphane Handfield, assure que son client attache toujours de l’importance à ce dossier, même deux ans plus tard.

« Ça l’intéresse toujours. Je sais qu’il y a encore des partis politiques qui sont intéressés à recevoir M. Puigdemont comme conférencier. Mais au-delà de ça, la décision rendue contre lui est quand même lourde de conséquences. Le Canada considère qu’il est un criminel. C’est pour ça qu’on lui interdit l’accès au territoire canadien, pour avoir organisé un référendum sur l’indépendance de son peuple », affirme MHandfield.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Me Stéphane Handfield

Sans AVE, M. Puigdemont ne peut pas prendre l’avion vers le Canada. Il pourrait cependant tenter de faire le voyage par bateau ou par voie terrestre à partir des États-Unis, deux modes d’arrivée qui ne nécessitent pas d’autorisation de voyage électronique.

La manœuvre serait toutefois risquée, puisque les autorités canadiennes pourraient décider d’exécuter le mandat d’arrêt de la justice espagnole et de l’extrader vers l’Espagne.