(Joliette) Les avocats de Benoit Cardinal, accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, soutiennent que le ministère public n’a pas réussi à prouver hors de tout doute raisonnable que le crime a été commis par lui. Une autre personne aurait pu être dans la chambre du couple lorsque Jaël Cantin a été tuée, ont-ils plaidé.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

« L’intrus est arrivé. » C’est en citant une mineure présente au moment des évènements qu’un des avocats de Benoit Cardinal, MLouis-Alexandre Martin, a commencé sa plaidoirie, mercredi au palais de justice de Joliette.

Lors de son premier témoignage, quelques heures après le meurtre, cette jeune fille avait affirmé qu’elle avait ouvert la porte de la chambre du couple pendant le crime. Elle y avait vu trois personnes, soit l’accusé, la victime et un « intrus ».

Lorsque Benoit Cardinal était sorti de cette chambre, il avait aussi dit aux mineurs présents que le criminel venait de quitter les lieux. Rappelons que l’accusé a choisi de ne pas témoigner à son procès.

Selon MMartin, cette jeune fille a mentionné avec certitude, « noir sur blanc », que ce n’était pas Benoit Cardinal qui avait commis le meurtre. Toutefois, il a admis que lors de son deuxième interrogatoire, soit pendant le procès, elle avait confié qu’elle avait « peut-être halluciné » une troisième personne.

Parmi ses autres arguments, MMartin a avancé que la scène de crime n’était pas incompatible avec la présence d’un tiers.

En ce qui concerne la jeune femme qui a témoigné que l’accusé lui avait confié avoir trois plans pour tuer sa conjointe et camoufler le crime, la défense s’est attaquée longuement à sa crédibilité.

Problèmes financiers et conjugaux

Du côté du ministère public, on a brossé un portrait sombre de Benoit Cardinal, un homme sans emploi qui avait des problèmes financiers et conjugaux, et qui tenait des propos suicidaires.

La procureure de la Couronne, MCaroline Buist, a rappelé que l’accusé ne travaillait plus depuis la fin de décembre 2019.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Pourquoi Benoit Cardinal aurait commis ce meurtre, le 16 janvier 2020, au domicile familial ? a demandé la procureure de la Couronne, MCaroline Buist, aux membres du jury, qui devront délibérer à huis clos lorsque les plaidoiries seront terminées.

« Les obligations financières étaient lourdes pour M. Cardinal à cette époque », a affirmé la procureure de la Couronne.

Parmi les nombreux documents déposés en preuve qui ont été cités par le ministère public, il y a notamment plusieurs demandes pour des prêts d’argent.

Grâce aux données extraites du téléphone cellulaire de l’accusé, on peut également constater qu’il a fait des recherches avec comme objets « top 10 des façons insolites de tuer quelqu’un » et « comment réaliser le crime parfait ? ».

Le ministère public a terminé sa plaidoirie en affirmant que Benoit Cardinal avait pensé se séparer de Jaël Cantin, mais qu’il avait des préoccupations à propos de ce qu’une séparation pourrait occasionner du point de vue financier.

PHOTO DÉPOSÉE EN COUR

Benoit Cardinal

« Mme Cantin détenait une police d’assurance vie, a conclu MBuist. Si Mme Cantin décédait, Benoit Cardinal héritait d’un million de dollars. Le lendemain du meurtre, il avait donc un million de dollars en poche et il était bien débarrassé de Mme Jaël Cantin. »

Les membres du jury commenceront à délibérer ce jeudi après-midi.