Un étudiant de l’Université Concordia poursuit en diffamation une Montréalaise qui a allégué sur les réseaux sociaux qu’il l’avait agressée sexuellement, ce qu’il nie catégoriquement. Estimant sa réputation entachée, il réclame 60 000 $ en dommages et intérêts.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

En octobre 2020, une étudiante aurait publié sur Instagram et sur Facebook des messages disant que Peter Delis était « misogyne » et qu’il l’avait « agressée sexuellement en lui agrippant un sein en février 2020 ».

« Des publications qui ont été partagées plusieurs fois et vues par potentiellement des milliers de personnes », peut-on lire dans la poursuite civile déposée au palais de justice de Montréal, vendredi dernier. Il est ajouté que « la défenderesse demande à tous ses amis de partager et encourage ceux-ci à répandre de fausses rumeurs ».

L’étudiant en génie à l’Université Concordia allègue qu’il n’a jamais agressé sexuellement cette femme. Il l’aurait rencontrée pour la première fois lors des Compétitions québécoises d’ingénierie (CQI) de janvier 2020. Il aurait noté qu’elle semblait avoir été offensée par des propos qu’il aurait tenus à l’endroit de joueurs d’une équipe adverse.

En février 2020, il l’aurait rencontrée de nouveau dans un bar. Dans une conversation qui aurait duré « moins de 2 minutes », il serait revenu sur les évènements des CQI pour tenter de s’expliquer, en évoquant entre autres qu’ils devraient « mettre leurs différences d’opinions de côté et être amis », écrit MVanna Vong dans le document judiciaire. Son client n’aurait eu aucune autre interaction ou communication avec l’étudiante avant la publication des allégations, neuf mois plus tard.

« Une excellente réputation » entachée

Toujours selon Peter Delis, il était très actif dans la vie étudiante à l’Université Concordia et jouissait d’« une excellente réputation ». Cependant, à la suite des allégations, il affirme qu’il a dû démissionner de son poste au sein de l’association étudiante, puisque des membres du comité exécutif n’étaient pas à l’aise avec la situation.

En plus de ressentir de la honte, il aurait aussi eu de la difficulté à poursuivre ses études. Il vivait « à l’écart de tous ses proches et amis, se sentant coupable pour une déclaration que la défenderesse savait totalement fausse », lit-on.

Une mise en demeure a finalement été envoyée à la jeune femme, le 4 février 2021, pour lui demander de retirer les publications et commentaires diffamatoires et de publier des excuses sur les réseaux sociaux. Elle aurait répondu qu’elle refusait de se rétracter.

Peter Delis s’est ainsi tourné vers la Cour pour qu’elle ordonne le retrait de tous les messages, publications et commentaires diffamatoires le concernant. Il souhaite aussi que la jeune femme publie une lettre d’excuses publique sur ses comptes personnels de réseaux sociaux. Il réclame également 60 000 $ en dommages-intérêts.