Les enquêteurs du SPVM ont saisi 2,25 kilogrammes de fentanyl mercredi, évalués à 1,4 million sur le marché noir, ce qui constituerait la plus importante saisie de cet opioïde jamais effectuée à Montréal, et probablement au Québec.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Le fentanyl, un opioïde quarante fois plus puissant que l’héroïne, est à l’origine de dizaines de surdoses, dont plusieurs mortelles, survenues à Montréal et au Québec au cours des dernières années. Il est habituellement mélangé à de l’héroïne.

Ce n’est qu’une infime quantité de fentanyl qui est mélangée à l’héroïne, normalement consommée en ,1 gramme ou en demi-point, et la police évalue que l’énorme quantité saisie aurait pu permettre la fabrication de centaines de doses.

« Nous sommes très contents de cette saisie et on vient d’empêcher que toute cette drogue se retrouve dans la rue. Mais en même temps, effectuer une telle découverte, c’est très inquiétant quand on connait tous les ravages que cette substance peut faire », affirme le commandant Michel Bourque de la Division de crime organisé (DCO) du SPVM.

Héroïne rouge

La police est en mesure de relier le réseau de trafiquants à au moins une dizaine de surdoses à l’héroïne de couleur rouge survenues ces derniers mois dans le centre-ville de Montréal.

L’enquête a été menée par les enquêteurs des stupéfiants de la région sud qui relèvent de la DCO.

Mercredi, ils ont effectué cinq perquisitions dans les arrondissements Lachine, LaSalle et Ville-Marie à Montréal, à Longueuil et à Chateauguay. Les 2,25 kilogrammes de fentanyl ont été découverts au même endroit, dans une cache que les trafiquants avaient aménagée dans un immeuble de la rue Crescent, en plein cœur du centre-ville.

Les policiers ont également mis la main sur certaines quantités de crack, de cocaïne, d’héroïne, de xanax et de marijuana, et sur une somme de 20 000 $ en argent.

Trois individus, Curtis Harris, 37 ans, Jamal McKenzie, 40 ans et Eddwich Simon, 34 ans, ont été arrêtés et accusés de trafic de substances, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Simon a été libéré sous conditions, moyennant un dépôt de 1000 $, alors que la Poursuite s’est objectée à la libération des deux autres. Harris subira son enquête sur remise en liberté lundi alors que ce sera le tour de McKenzie mercredi.

Les trois accusés ont des antécédents en matière de stupéfiants. Harris a notamment été condamné à 27 mois pour trafic en 2014 et à une peine de deux ans moins un jour pour possession d’une arme, en 2009. Jamal McKenzie a été condamné à une peine de 11 mois pour trafic en 2006 et à une peine de 18 mois avec sursis pour une accusation similaire en 2003.

« Compte tenu de tout ce que nous avons saisi, nous avions affaires à un réseau bien organisé », ajoute le commandant Bourque, selon qui une telle quantité de fentanyl devait probablement provenir de l’Ontario.

Le SPVM a constaté une recrudescence des surdoses à Montréal depuis le début de la pandémie de la COVID-19. Certaines drogues se faisant plus rares, les consommateurs se seraient tournés vers d’autres substances qui, mélangées ou non, peuvent être très dangereuses, prévient l’officier.

« Les consommateurs doivent être prudents et constamment aux aguets. On les met en garde contre ces substances », conclut le commandant Bourque.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.