Le caïd Raynald Desjardins, un poids lourd du crime organisé condamné pour sa participation au complot pour le meurtre d’un aspirant parrain de la mafia en 2011, vient d’obtenir sa libération d’office aux deux tiers de sa peine. Son retour dans la société est surveillé de près dans les milieux criminels et policiers.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Devant les commissaires aux libérations conditionnelles, Raynald Desjardins a dit se considérer comme « semi-retraité ». Plusieurs sources ont confié à La Presse que tant les criminels que les policiers surveillent la situation de près pour voir quelle sera l’attitude du criminel de carrière âgé de 67 ans.

Raynald Desjardins avait été condamné pour le complot pour meurtre de l’aspirant parrain de la mafia Salvatore Montagna, survenu dans le contexte d’une guerre de pouvoir au sein du crime organisé montréalais. Montagna avait été retrouvé mort à Charlemagne.

PHOTO STÉPHANE GRÉGOIRE, HEBDO RIVE-NORD

Salvatore Montagna avait été atteint mortellement par balles à Charlemagne, à l'époque où il tentait de prendre le contrôle de la mafia montréalaise.

« Les communications interceptées ont démontré que vous aviez clairement l'intention d'assassiner la victime ainsi que des membres de son entourage. Vous avez fixé une rencontre et la victime accompagnée par un des conspirateurs fut assassinée. Selon le juge, l'assassinat de la victime avait pour but de se débarrasser d'un rival potentiel dans le contexte d'une guerre de pouvoir ou de la succession du possible parrain de la mafia dans la métropole de Montréal », rappellent les commissaires aux libérations qui se sont penchés sur le cas de Desjardins.

« Vous avez expliqué qu’en raison du fait que vous étiez respecté dans le milieu et même si vous aviez pris votre retraite, vous avez été consulté par d’anciens compatriotes dans le contexte de la guerre entre différents partis qui évoluaient dans le milieu de la mafia », lit-on dans la décision de la Commission des libérations conditionnelles.

Les commissaires ont imposé une série de sévères conditions à M. Desjardins : il ne pourra fréquenter de criminels, ne pourra entrer en contact avec la famille Montagna, ne pourra fréquenter les bars et cafés associés au crime organisé et devra fournir le registre d’appel de son téléphone aux autorités, ainsi que des informations sur ses finances. Sur ce denier point, les commissaires notent que M. Desjardins a donné peu de détails sur sa situation financière et qu'il prétend avoir une maigre connaissance de sa propre situation.

La semaine dernière, La Presse révélait que l'avocat fiscaliste qui a géré une partie des investissements du caïd pendant son incarcération a été victime d'un incendie criminel et de coups de feu tirés vers sa maison. La résidence a ensuite été saisie par la conjointe de Raynald Desjardins dans l'attente d'un jugement sur un litige financier qui l'oppose à l'avocat.

Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse