La Sûreté du Québec et plusieurs corps policiers américains ont frappé mercredi un réseau criminel dirigé à partir de Montréal qui aurait contrôlé une troupe itinérante de fraudeurs spécialisée dans les arnaques de type « grand-parent » aux États-Unis.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

L’enquête du côté québécois est menée par l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO), ce qui semble indiquer que les suspects sont liés à une organisation criminelle structurée. La Presse a pu constater que les enquêteurs avaient notamment perquisitionné dans la résidence de Francesco Sollecito, frère de Stefano Sollecito. Ce dernier était encore récemment considéré par plusieurs sources policières comme le chef du clan sicilien de la mafia montréalaise.

Francesco Sollecito et son frère sont les fils de Rocco Sollecito, l’un des anciens dirigeants de la mafia, assassiné en 2016. Lorsque Francesco s’est marié, les témoins à son mariage étaient Paolo Renda, le consigliere du clan sicilien, et sa femme.

Faux policiers et faux avocats

« Dans le cadre de ce projet, nommé Partenariat, 17 perquisitions suivent leur cours dans la grande région métropolitaine de Montréal. De plus, les policiers procèdent actuellement à la rencontre de 35 personnes en lien avec ce réseau nord-américain de fraude », a déclaré la Sûreté du Québec dans un communiqué publié pendant la journée de mercredi, sans donner plus de détails.

Personne n’est accusé de quoi que ce soit au Québec pour l’instant dans cette affaire. Du côté américain, cinq suspects ont été accusés d’avoir parcouru le pays afin de récolter l’argent versé par les victimes d’une fraude de type « grand-parent ». Selon l’acte d’accusation déposé à Indianapolis, des personnes âgées se faisaient appeler par un interlocuteur qui prétendait être policier ou avocat. La personne prétendait qu’un des petits-enfants de la victime était en difficulté et avait besoin d’une somme d’argent qui pouvait varier de 5000 $ à 15 000 $.

Une semaine par ville

Les membres de la petite troupe itinérante passaient une semaine en moyenne dans une ville avant de changer d’endroit. Ils trouvaient des résidences inoccupées pour faire livrer les paquets contenant l’argent, ramassaient le magot puis disparaissaient. Selon nos informations, les appels frauduleux étaient effectués à partir de Montréal. Les collecteurs d’argent itinérants, eux, auraient écumé l’Indiana, l’Illinois, la Virginie, le Mississippi, l’Ohio et la Caroline du Sud. Selon l’acte d’accusation, ils communiquaient grâce à une application de messages cryptés.

« Voler l’argent durement gagné de nos aînés en utilisant l’amour et le dévouement qu’ils ont pour leur famille est dur à comprendre. Ce genre de perte ne cause pas seulement des difficultés financières, il cause aussi des difficultés émotionnelles pour les victimes », a déclaré le procureur fédéral américain John E. Childress.

L’enquête sur le volet québécois de l’affaire se poursuit. Plus de 200 policiers ont été mobilisés pour l’occasion, avec la participation des services de police de Montréal, Laval et Longueuil.

— Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse