Pour la première fois depuis son entrée en opération à la fin du mois de février, l’Équipe de lutte au trafic d’armes du Service de police de la Ville de Montréal a effectué des arrestations et des saisies d’armes à feu, mercredi, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

D’après nos informations, les enquêteurs de l’ELTA, assistés des membres du Groupe tactique d’intervention du SPVM, ont effectué au moins sept perquisitions dans les secteurs Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles, Villeray et Plateau Mont-Royal.

Au moins une demi-douzaine d’individus ont été arrêtés. Les policiers ont aussi mis la main sur au moins quatre armes à feu et une certaine quantité de drogue.

Trois des suspects, Kensey Simon, 24 ans, Hakim Marc, 18 ans et Franckel Cleopha, 28 ans, ont comparu et ont été accusés de trafic de stupéfiants mercredi, au palais de justice de Montréal. Les autres devraient comparaître jeudi.

D’après nos informations, l’opération, qui aurait été faite en collaboration avec la police de Toronto, visait les Profits Kollectaz, un gang de rue présent dans le nord-est de Montréal.

224 évènements en deux ans

La création de l’ELTA, qui compte une douzaine d’enquêteurs et des analystes, a été annoncée par le directeur du SPVM, Sylvain Caron, en décembre dernier, au plus fort d’un autre épisode d’évènements de décharge d’armes à feu qui a secoué la métropole, en particulier le nord-est, depuis l’automne.

Lors de deux témoignages distincts faits récemment durant des procédures judiciaires, un enquêteur du SPVM, Marc-André Dubé, membre de l’Équipe nationale de soutien à l’application de la Loi sur les armes à feu (ENSALA) - chapeautée par la Gendarmerie royale du Canada - a déclaré avoir répertorié 116 évènements de décharge d’arme à feu à Montréal en 2020 et 108 en 2019, pour un total de 224 durant les deux dernières années.

Plus de 410 douilles ont été percutées pour les seuls 116 évènements de 2020.

L’enquêteur a également évoqué plusieurs sources d’approvisionnement, montrant notamment du doigt des pistolets de polymère surnommés « pistolets fantômes » (parce qu’ils n’ont pas de numéro de série) importés illégalement des États-Unis et complétés de façon artisanale, telles les 250 armes qu’aurait transporté William Rainville, arrêté par la GRC dans le secteur de Dundee, la semaine dernière.

Rappelons qu’une adolescente de 15 ans a été tuée par balles le 8 février dernier dans l’arrondissement de Saint-Léonard. Les suspects n’ont pas encore été arrêtés.

Le nombre d’évènements de coups de feu a toutefois diminué à Montréal au cours des dernières semaines.

- Avec la collaboration de Vincent Larouche

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.