Le leader antimasque Mario Roy a été accusé mardi d’avoir harcelé et intimidé pendant trois ans une avocate du Barreau du Québec. Une accusation qui réjouit le complotiste en croisade contre l’ordre professionnel et les instances étatiques. « C’est une fleur qu’on me fait de m’accuser au criminel », a-t-il déclaré en entrevue.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Tristan Péloquin Tristan Péloquin
La Presse

L’homme de 49 ans a comparu mardi au palais de justice de Montréal. Il fait face à deux chefs d’accusation de harcèlement criminel et d’intimidation d’une personne associée au système judiciaire. Il aurait commis ces infractions entre le 1er novembre 2017 et le 20 décembre 2018 à l’égard de Me Éliane Hogue, avocate du Barreau du Québec.

Mario Roy est dans le collimateur de l’ordre professionnel des avocats depuis des mois. Le syndic du Barreau lui reproche d’exercer illégalement la profession d’avocat sans en avoir les compétences, en multipliant les avis juridiques donnés aux dizaines de milliers de personnes qui suivaient sa page Facebook. Celle-ci a été supprimée définitivement par le réseau social en janvier pour violation des politiques d’utilisation.

En 2019, le juge Martin Castonguay de la Cour supérieure du Québec avait affirmé que M. Roy se servait de son compte Facebook non seulement pour contrevenir à une ordonnance lui interdisant d’exercer illégalement la profession d’avocat, mais aussi pour « attiser la haine et la désobéissance civile » et insulter le Barreau « de façon injurieuse avec des propos orduriers ».

C’est dans ce contexte que Mario Roy aurait harcelé et intimidé l’avocate du Barreau du Québec depuis 2017.

Les accusations sont rejetées par l’accusé. « Mon plaidoyer de non-culpabilité va être prouvé. Une plainte croisée va être déposée officiellement. Je vais faire la preuve que c’est le Barreau qui me harcèle. […] C’est impossible que je sois reconnu coupable », affirme-t-il, en entrevue avec La Presse.

Mario Roy prêche de nombreuses thèses chères au mouvement complotiste. Il soutient notamment que le Barreau et la Direction de la protection de la jeunesse « opèrent un réseau d’enlèvement d’enfants ». Il prétend que le Barreau tente de le faire taire depuis des années.

C’est pour cette raison que Mario Roy n’est « pas du tout » dérangé par cette accusation criminelle. Un procès devant jury lui permettra de dévoiler ce qu’il dit avoir découvert sur la « corruption » au sein de ces institutions. Il rappelle d’ailleurs avoir déjà été acquitté d’accusations criminelles dans le passé.

« Ils me poursuivent pour rien. […] Il n’y a jamais eu de harcèlement », martèle-t-il, en entrevue. D’ailleurs, il soutient n’avoir pas adressé la parole à MHogue depuis 2018.

En novembre dernier, il avait été arrêté et rapidement relâché à la suite d’une altercation avec un militant anticonspirationniste lors d’un rassemblement du mouvement antimasque à Longueuil. La plainte d’intimidation et de menaces du militant n’a pas été retenue par le Directeur des poursuites criminelles et pénales et a été annulée le 1er février.

En mars prochain, M. Roy devra faire face à cinq chefs d’accusation d’outrage au tribunal en lien avec différentes ordonnances de la cour qu’il est accusé d’avoir violées dans le cadre de son combat judiciaire contre le Barreau.

Notons qu’il a été déclaré plaideur quérulent dans un dossier devant la Cour du Québec en février dernier, un statut attribué aux individus qui multiplient indûment les actions judiciaires.