Le Hells Angel Serge Lebrasseur, qui avait eu une prise de bec avec un gardien de sécurité à l’entrée de la traverse Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola en juin 2019, a été reconnu coupable d’intimidation par un juge la semaine dernière.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Le magistrat a toutefois prononcé un arrêt conditionnel sur un premier chef d’avoir proféré des menaces.

Les évènements pour lesquels Lebrasseur, 56 ans, a été accusé sont survenus le 14 juin 2019, dans les rues menant au stationnement du traversier, à Sorel-Tracy.

Un gardien de sécurité avait été embauché pour diriger la circulation dans le secteur.

Ce dernier invitait notamment les automobilistes qui avaient attendu dans une première file à en joindre une seconde, pour aider à la fluidité de la circulation.

Après être arrivé à l’extrémité de la première file, Lebrasseur, qui se trouvait à bord d’une camionnette noire en compagnie d’un autre individu, n’a toutefois pas voulu obtempérer aux directives de l’agent lorsque ce dernier l’a dirigé vers la seconde file.

Une discussion animée a éclaté. Lebrasseur a fait rugir son moteur près du gardien, qui a alors frappé le capot du véhicule avec ses mains. Portant sa veste des Hells Angels, Lebrasseur est sorti de la camionnette pour enguirlander l’agent, accompagné de son passager, lui aussi vêtu d’une veste de motard.

Le Hells Angel aurait alors dit au gardien « qu’il le ramasserait dans un coin noir ».

Par la suite, Lebrasseur s’est déplacé à la guérite de l’entrée du stationnement du traversier, en passant devant les autres automobilistes. Il s’en est pris verbalement à l’employée qui s’y trouvait et qui refusait de le laisser passer.

S’étant senti menacé et intimidé, le gardien a décidé de porter plainte à la police, et Lebrasseur a été arrêté.

Aucune crédibilité

Le motard a témoigné. Il a raconté sensiblement la même histoire que le gardien, a admis avoir été fâché, mais a nié avoir crié et l’avoir menacé. Comme l’a souligné son avocat, il n’a pas tenté de montrer une autre facette de sa personnalité, en disant notamment qu’il n’appelle jamais la police, qu’il se défend lui-même, qu’après 20 ans chez les Hells Angels, il n’a pas besoin de « se prouver », qu’il n’est plus un « petit jeune » et qu’il n’a jamais dit au plaignant « qu’il ne savait pas à qui il avait affaire ».

Mais le juge Denys Noël, de la Cour du Québec, n’a pas cru le témoignage de Lebrasseur, ajoutant « qu’il n’est pas crédible ni fiable lorsqu’il prétend ne pas avoir menacé le plaignant ».

« Il crie, sacre, parle fort et intimide autant le préposé que la dame à la guérite. Il invite le plaignant à se battre. Donc, lorsque la défense parle de la personnalité de l’accusé, je comprends qu’il règle ses conflits sans demander d’aide et de façon agressive », écrit le magistrat, qui souligne également le facteur intimidant que peuvent représenter les vestes des motards.

Serge Lebrasseur devrait être davantage fixé sur le sort qui pourrait lui être réservé à l’issue des plaidoiries sur la peine, qui auront lieu au mois de mars. Il est en liberté en attendant la suite des procédures.

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